Mesures de sécurité de l’éducation et harcèlement scolaire
Dr Massika Lanane/Université de Béjaïa, Algerie
مقال نشر في مجلة جيل العلوم الانسانية والاجتماعية العدد 53 الصفحة 167.
Résumé :
Le harcèlement scolaire est une violence verbale, physique ou psychologique répétée qui se retrouve au sein de l’école. Lorsqu’un enfant est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement. Le harcèlement, touche toutes les catégories sociales et toutes sortes d’élèves. Dans le but de détecter la présence de l’harcèlement au sein de nos institutions scolaires et de comprendre ses causes pour en trouver les remèdes, on a effectué une étude comparative réalisée dans deux institutions éducatives à Béjaia en Algérie : l’école primaire et le CEM des IRIS. Dans les quelles on a fait appel à l’observation simple , à des entretiens et à des focus groups .En réalité , notre approche était pluridisciplinaire mixte , tous les moyens étaient bons pour comprendre et à mettre en place les dispositifs pour éliminer ce phénomène pour assurer une bonne assurance de l’éducation .
Mots clés : harcèlement, violence, stigmatisation.
Introduction :
L’école a pour mission de transmettre les connaissances et développer les facultés intellectuelles, physiques et spirituelles de chaque enfant. Or en développant son intelligence et ses connaissances, l’élève, reçoit l’héritage du savoir transmis par les générations précédentes, qui l’aidera à gagner sa liberté et sa responsabilité.
En devenant libre, l’enfant choisit son métier , et construit son avenir et crée des liens sociaux qui font de lui un être solidaire des autres. Il construit son sentiment d’appartenance à une culture, à une nation, à l’Universel. C’est surtout il s’éloigne de l’ignorance qui porte en germe l’injustice, le totalitarisme, l’obscurantisme et la dépendance sous toutes ses formes.[1] Mais, récemment , l’école est devenue un lieu où s’exercent les agressions (humiliations, insultes, exclusions, dégradations matérielles, rackets, coups, etc.) qui sont systématiquement dirigées sur le même ( élève)et se répètent sur une longue durée. Selon une enquête menée en 2015 par la Direction de l’évaluation, la prospective et la performance en France , 1 jeune sur 10 est victime de harcèlement scolaire, soit 700 000 élèves par an . Le harcèlement, touche toutes les catégories sociales et toutes sortes d’élèves. C’est dans l’école primaire qu’il y a plus d’harcèlement (12% des écoliers ).Au collège, le harcèlement touche 10% des élèves. En fait le harcèlement se base sur le rejet de la différence et sur la stigmatisation de certaines caractéristiques, telles que :l’apparence physique (poids, taille, couleur ou type de cheveux).Le sexe, l’identité de genre (garçon jugé trop efféminé, fille jugée trop masculine, sexisme), orientation sexuelle ou supposée .Un handicap (physique, psychique ou mental) .Un trouble de la communication qui affecte la parole (bégaiement/bredouillement)[2].
Ces agressions visent souvent à l’exclure. Les élèves harceleur-euse-s sont fréquemment des pairs de la classe. Par contre la victime – placée en position de faiblesse – ne peut se protéger seule. Elle peut penser être responsable du harcèlement. Un-e élève isolé-e court un risque accru de harcèlement. Dans cet article , j’ai présenté des cas de harcèlement dans des établissements scolaires, en expliquant les causes et les conséquences de ce nouveau fléau dans notre société .
- Définition de l’harcèlement :
Le concept du harcèlement scolaire a été forgé au début des années 1970 par le psychologue Dan OLWEUS qui a établi trois caractères pour définir le harcèlement :[3]
- Les agresseurs agissent dans une volonté délibérée de nuire.
- Les agressions sont répétées et s’inscrivent dans la durée ;
- La relation entre l’agresseur ou les agresseurs et la victime est asymétrique.
Le premier et le dernier critères ont été contesté, vu que les enfants n’ont pas la même perception de l’intentionnalité que les adultes. Et pour qu’il y ait harcèlement, il faut que la victime ne soit pas en situation de défense . La pratique du harcèlement scolaire est inséparable de la mise en place d’une situation de domination.
Le harcèlement se définit donc comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école. Elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre.
Lorsqu’un enfant est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement.
Le harcèlement se fonde sur le rejet de la différence et la stigmatisation de certaines caractéristiques. Il revêt des aspects divers en fonction de l’âge et du sexe. Les risques de harcèlement sont plus grands à la fin de l’école primaire et au collège.[4]
- Caractéristiques
Les 3 caractéristiques du harcèlement en milieu scolaire sont :
- La violence :
L’OMS définit la violence comme un : « usage délibéré ou menace d’usage délibéré de la force physique ou de la puissance, de la menace directe ou indirecte contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou une communauté, qui entraine ou risque fort d’entrainer un traumatisme, un décès, un dommage moral, une discrimination, un mal développement ou une carence. »[5]
C’est un rapport de force et de domination entre un ou plusieurs élèves et une ou plusieurs victimes. La violence pour Yves MICHAUD, est « une interaction comportant deux ou plusieurs acteurs dont l’un porte atteinte à l’autre, à son intégrité physique, morale ou aux participations symboliques ou culturelles ». Ces acteurs peuvent être aussi des systèmes[6]
Qu’est-ce que la violence entre élèves ?
La violence c’est quand des enfants plus vieux agressent d’autres plus jeunes et plus faibles, et s’acharnent sur eux . Elle peut être verbale ou physique , due aux caractéristiques individuelles, la famille, les pairs, l’école, le voisinage, la collectivité et la situation immédiate. De nombreux auteurs ont étudié la violence chez les enfants. Il y’a ceux qui se basent sur l’instinct pour expliquer la violence comme : Freud et Lorenz; d’autres pensent qu’elle est le produit de la socialisation; ou de la frustration ; il y’a ceux qui introduisent la notion d’agression instrumentale, c’est-à-dire utiliser la violence comme un moyen pour obtenir un pouvoir matériel ou psychologique.
Un rapport de l’UNESCO établi en 2016 montre que la violence à l’école naît de rapports de force inégaux souvent renforcés par des stéréotypes et des normes liées au genre, l’orientation sexuelle ainsi que d’autres facteurs qui contribuent à la marginalisation tels que la pauvreté, l’identité ethnique, ou encore la langue .
2.La répétitivité : il s’agit d’agressions qui se répètent régulièrement durant une longue période.[7]
Dans certains écoles ou collèges , les élèves se sont habitués malheureusement à gérer une violence au quotidien .La violence scolaire actuelle est constituée par la violence verbale , la violence physique .
Violence verbale ( menaces, jurons) est devenue un fait pratiquement banalisé par des élèves qui ne réalisent pas que leur langage est déplacé dans le contexte scolaire . En effet, cette violence verbale est considérée par ces élèves comme un mode normal de communication( le parler- rue).
Violence physique grave est , heureusement, rare. Ce type de violence est fortement médiatisé. Mais celle-ci ne doit pas faire oublier la violence moins grave mais quasi quotidienne dans les écoles ou collèges (bagarres, bousculades).ce type de violence est un phénomène fréquent entre élèves dans les collèges de certains sites particulièrement difficiles( certaines zones d’éducation prioritaires ).Le caractère brutal de cette violence physique a un aspect répétitif[8] .Ce qui peut aggraver les effets. Ainsi un élève plongé quotidiennement pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois dans un contexte de violence physique et verbale passe à un acte suicidaire ou à reproduire lui-même une violence verbale ou physique plus violente envers d’autres élèves plus faibles que lui .
3.L’isolement de la victime : la victime est souvent isolée, plus petite, faible physiquement, et dans l’incapacité de se défendre. cette partie est mieux illustrée à travers les approches théoriques.
Les approches théoriques explicatives du harcèlement:
La souffrance à l’école devient intolérable, pour en finir avec ces situations moralement et physiquement intenables, des enfants dans une situation de détresse totale, parfois devant leurs bourreaux et devant leurs collègues, décident de poser un acte définitif. Cet acte néfaste est émis par des enfants qui ont tenté de porter longtemps un fardeau trop pesant et qui harassés, sans force et attribués par la violence de leurs pairs finissent par le retourner contre eux mêmes .
- Le bouc émissaire
Selon l’anthropologue René Girard (1972), il postule que dans toutes les sociétés, des victimes sont désignées afin d’assembler le désir mimétique de la violence, de vider ses tensions au sein du groupe. L’hypothèse de Girard est que « la société actuelle cherche à détourner vers une victime relativement indifférente, une victime « saccarifiable » une violence qui risque de frapper ses propres membres, ceux qu’elle entend à tout prix protéger ». Analogiquement les harceleurs se renferment sur une logique de faire une pression sur une victime que celle-ci ne peut pas démontrer son innocence.
Selon lui ce phénomène s’émerge lorsqu’ une crise interne ou externe surgit, et dans ce cas les groupes qu’ils soient professionnels ou sociétaux vont chercher un bouc émissaire.
Le phénomène du bouc émissaire est un mécanisme clé en anthropologie s’appliquant à toutes les cultures. Au moment de la crise, menace ou désintégration, le groupe se trouve une victime. La victime focalise entièrement la responsabilité pour tous les malheurs au sein du groupe et devient l’objet de l’agression collective. D’un point de vue psychanalytique, le bouc émissaire est l’écran d’une projection de la culpabilité, des fautes qu’une personne (ou le groupe) ne veut pas admettre.[9]
Selon Girard la société la communauté ou le groupe a besoin d’une victime pour survivre, la violence construit la culture. Il a constaté que toutes les communautés qui ont survécu ont trouvé un coupable au moment de la crise
La théorie du bouc émissaire est une théorie selon laquelle des individus constituant un groupe excluant un des leurs : une personne, la plus « différente » qui sera prise comme bouc émissaire dans notre cas : l’étranger, le noir, l’arabe, le handicapé, le roux le féminise . [10]
Cette théorie s’appuie sur l’hypothèse que l’anxiété et les conflits au sein d’un groupe qui se réoriente vers un individu qui devient le bouc émissaire. Le harcèlement se déclenche suite à des conflits et des dysfonctionnements au sein de l’organisation. [11]
b)Le modèle biologique naturel :
Selon le modèle biologique naturel étudié par Tangri, Burt et Johnson, le harcèlement sexuel s’explique par une attirance sexuelle entre les personnes. Cependant ce modèle est envisagé dans le contexte scolaire et se base sur le fait que le harcèlement sexuel peut être motivé par l’intention de nuire à l’évolution de l’individu et cela à mon avis doit être exclu parce que l’enfant n’a pas les mêmes intentions que l’adulte .
Le phénomène de harcèlement sexuel résulte d’un climat ou apparait un certain nombre de facteurs de risques comme la différenciation de pouvoir, les contacts dans les lieux mixtes, le pourcentage de sexe masculin et féminin dans une institution donnée soit scolaire.[12]
- c) L’approche théorique du pouvoir et de la dominance :
Cette théorie développée sur le plan individuel tend à démontrer que certains élèves ayant un besoin de dominer, utilisent la technique du harcèlement afin d’assurer leur dominance à l’égard des filles ou d’autres élèves plus faibles .[13]
C. Formes de le harcèlement scolaire
La violence physique est la forme de harcèlement la plus manifeste mais elle n’est pas la seule, nombreuses pratiques plus ou moins visibles peuvent être considérées comme des formes de harcèlement scolaire, au même titre que les menaces physiques : les jets d’objets « , les pincements[14] « il portait des pulls avec des manches longues en plein chaleur quand j’ai vérifié, il avait tout le corps marqué de traces de pincement » les tirages de cheveux « Nissat a coupé ses cheveux toute seule parce qu’on l’ en attire tout le temps », les moqueries, les surnoms méchants, les insultes, les violences physiques, le racket, les jeux dangereux, la mise à l’écart, la propagation du rumeurs, des bagarres organisées par un ou plusieurs harceleurs, des dégradations de matériel scolaire ou de vêtements, des violences à connotation sexuelle : voyeurisme dans les toilettes, déshabillage et baisers forcés, gestes déplacés… [15]
Ces formes traditionnelles de harcèlement ont cédé la place à des pratiques comme le happy slapping ou le « cyberbullying », « qui est une variante récente du harcèlement, reposant sur l’usage d’internet et des nouvelles technologies de communication (blogs, e-mails, réseaux sociaux, téléphones portables). Ce type de harcèlement est favorisé par l’anonymat et l’absence de contrôle d’identité qui permettent aux harceleurs d’agir en toute discrétion »[16]
Il se concrétise par la réception répétée de messages provenant de différentes sources, dont le contenu est teinté de menaces, d’intimidations, d’insultes, de chantage ou par la diffusion d’images humiliantes. Ces messages sont parfois accompagnés d’un rejet et d’un isolement de la victime à l’école ou dans d’autres lieux de socialisation.
D’après notre enquête les violences verbales représentent 7% des actes signalés chez les jeunes âgés de 11 ans et moins, 58% chez les 12-14 ans et 45% chez les 15 ans et plus.
Un enfant victime de violence physique ou morale de la part de ses camarades de classe manifeste petit à petit des difficultés scolaires et finit par déserter totalement l’école. Au début, il peut se réfugier dans la solitude ou l’indifférence, mais au fur et à mesure que les agresseurs multiplient leur persécution, il va s’absenter et avoir de moins en moins de bonnes notes. Les enseignants s’aperçoivent du problème tardivement et souvent ils n’associent pas les difficultés à un problème d’intégration, mais plutôt à un manque de volonté. Au lieu de discuter avec l’enfant de la situation, ils vont exiger plus d’effort de la part de ce dernier.[17]
D. Caractéristiques des victimes et des agresseurs
D’après les résultats de notre étude il existe un nombre important de victimes/agresseurs : entre 10 % et 34 % des victimes de harcèlement reproduiraient ces mêmes types d’agressions qu’ils ont subi.
Profil du harceleur
Christophe Dejours explique que « si le harcèlement conduit aujourd’hui plus souvent que naguère à des troubles psychopathologiques graves chez les victimes, cela serait dû à la passivité et à l’absence de solidarité de la part des collègues de la victime et à la profonde transformation du sens de la justice dans le monde du travail » [18]La défense est toujours la même : déni de la souffrance des autres (« chacun pour soi », « on n’y peut rien ») et le silence sur la sienne propre.
1 La victime
Selon toutes les études menées jusqu’à ce jour et qui se penchent sur la question de l’existence d’une personnalité pré-morbide, les résultats sont variables mais on constate qu’en moyenne il n’existe pas d’antécédents psychiatriques et que le niveau socio-familial semble stable chez les victimes. N’importe qui peut être victime du harcèlement moral et il n’y a pas de profil psychologique spécifique pour les personnes qu’on harcèle mais il y a des contextes où le harcèlement moral se développe plus facilement . Par contre d’autres disent que la victime est souvent choisie en fonction d’un handicap, d’une différence physique (origine, couleur de peau ou des cheveux, surpoids) ou autre (homosexualité réelle ou attribuée), tout critère de différence sociale (plus riche, plus pauvre, profession des parents). Les harcelés peuvent également cumuler ces caractéristiques. Isolés socialement, ayant moins d’amis pour les défendre ces enfants sont des victimes plus faciles.[19]
- L’agresseur
Tout sujet en crise peut être amené à utiliser des mécanismes pervers pour se défendre (manipulation d’autrui dans le but d’obtenir un avantage). Cependant, ces comportements ne sont que passagers et sont suivis de regrets ou de remords. La notion de perversité implique une stratégie d’utilisation puis de destruction d’autrui sans aucune culpabilité.
Les traits narcissiques tels que l’égocentrisme, le besoin d’admiration et l’intolérance à la critique sont assez courants et ne sont pas considérés comme pathologiques.[20] La personnalité narcissique présente une absence d’empathie pour les autres, bien qu’il y ait un besoin constant d’approbation et d’admiration. Il existe un manque de profondeur affective. Ces personnes sont incapables de comprendre les émotions des autres.
Souvent, les harceleurs sont des personnes avec une personnalité narcissique qui ont un fonctionnement pervers. Les pervers narcissiques trouvent leur équilibre en déchargeant sur les autres la douleur qu’ils ne sont pas capables d’exprimer. Ils font mal car ils ne savent faire autrement pour exister. Ils ont été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir ainsi en vie. Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépends d’autrui .[21]
Le harcèlement scolaire est parfois le fait d’un groupe d’élèves dont le profil se focalise sur le besoin de domination ,il cherche à apparaître comme un « dur » aux yeux des autres enfants. Il est en général impulsif, voire hyperactif. Il est souvent plus fort et plus grand que la moyenne, mais obtient des résultats scolaires relativement faibles. Sans avoir de problème d’estime de soi, il présente des troubles d’anxiété marqués. vient d’être décrit, comporte des « agresseurs passifs » qui sont avant tout entraînés par l’effet de groupe et peuvent présenter un profil de personnalité dépendante et manquer d’assurance.
-Notre enquête a montré que dans la plupart des cas de violences physiques ,le harceleur est le plus souvent un garçon.
Les filles ont plus souvent une participation indirecte (agresseur passif décrit ci-avant) et qui repose sur la propagation de rumeurs, les insultes ou l’ostracisme.
–10% de petites filles et 12% des garçons ont rapporté avoir été sujets à de la violence physique venant des autres élèves .
– 3% des petites filles et 5% des garçons ont eu l’expérience de comportements sexuels non désirés dans l’année précédente .
-55% des élèves ont subi des actes d’intimidation et des brimades
-Le harceleur manipule les membre de son groupe ou ses camarades de classe et en fait des témoins et des complices de ses actes, et par là ils installent une relation de domination collective sur la victime.
-20% des réponses , de victimes, se sont enfermées très souvent dans l’isolement après avoir trouvé ni défense ni empathie chez leurs pairs.
Les témoins, en soutenant, encourageant ou faisant semblant d’ignorer le harcèlement, renforcent la violence du harceleur.[22]
Sanctions:
Un ensemble de sanctions sont mis en application au sein de ces deux institutions lieux de l’enquête ,lorsqu’un élève commet un acte grave à l’égard d’un autre élève. Ces sanctions sont comme suit :
-l’avertissement : écrit ou oral ,
-le blâme: écrit ou oral ,
-la mesure de responsabilisation : elle a pour objectif de responsabiliser les élèves sur les conséquences de leurs actes, en les faisant participer à des activités de solidarité, culturelles ou de formation.(7)Cette étape empêche l’élève d’assister aux cours là ou il peut exercer son harcèlement
-l’exclusion temporaire de la classe, de 10 à 30 minutes.
-l’exclusion temporaire de l’établissement, d’une durée d’une journée à trois jours.
-l’exclusion définitive de l’établissement 10 du collège en 20017.
-Mutation à d’autres établissements 3 collégiens pendent l’année 2017.
Conséquences
Pour la victime [23]
A court terme :
-Absentéisme (la moyenne de 3 élèves sur 10)et décrochage scolaire,
-Troubles du comportement,
-Isolement,
A moyen terme :
-Troubles dépressifs,
-Comportement suicidaire,
-Comportement violent,
A Long Terme :
-Troubles de la socialisation,
-Troubles psychiques
Pour le/les harceleur(s) :
A court terme :
-Manque d’empathie,
-Rapport à la violence,
A moyen terme :
-Marginalisation,
– Echec scolaire,
A long terme :
-Délinquance,
-Troubles sociaux,
-Dépression,
Pour le/les témoin(s) :
-Attitudes violentes
-Sentiments d’insécurité
Conclusion :
Le plus souvent les élèves face à l’ harcèlement ne réagissent pas , c’est la passivité qui règne , la banalisation des faits, passivité enferment dans le mutisme et la souffrance. Malgré que les élèves harcelés ont 4 fois plus de risque de suicide à l’âge adulte.
Les élèves harcelés sexuellement ; la plupart des filles, c’est l’isolement ; ils se replient sur eux mêmes, parce qu’ils se sentent responsables de leur harcèlement, il se disent que c’est de leur faute !
On veut aujourd’hui pour agir contre le harcèlement. On doit prévenir son existence , le connaitre et le reconnaître ,savoir écouter et favoriser la parole. Former les professionnels du milieu scolaire, mais également sensibiliser les parents.[24]
« L’école ne contient plus les individus, elle ne participe plus à leur émancipation et elle incorporerait des formes de violence à l’interne. Pour les enrayer, l’autorité et la discipline sont de retour, après avoir été décriées au moment des changements dans le système éducatif, il y a 30 ans, face aux pratiques punitives qui passaient le plus souvent par l’humiliation, les
privations ou les châtiments corporels pour lutter contre l’indiscipline et la violence » [25]. Mais ne favoriseraient-elles pas d’autres formes de violence, plus masquée, comme le harcèlement ? Le harcèlement est un phénomène très dangereux , il surgit lorsque le climat scolaire de l’établissement est dégradé et quand les situations de harcèlement sont mal identifiées ce qui crée des répercussions graves, pouvant aller jusqu’au drame.
Le métier d’enseignant ne se limite pas à inculquer le savoir ,mais accepter de contribuer à pallier les carences éducatives causées par des parents qui ont montré leurs incapacité à assumer leur part du devoir éducatif.
Quelle action est possible pour un enseignant ? L’enseignant face à un élève violent, peut travailler sur des facteurs internes à l’individu (psychologiques ou biologiques), externes à l’individu (environnement social et physique) ou sur les interactions qu’entretient l’individu avec son milieu (familial, isolement social ou lien social, les valeurs)[26].Donc la mission de l’enseignant c’est de travailler sur les relations de l’élève avec son environnement socioculturel car l’’acte violent est le produit de l’interaction de l’individu avec le milieu environnement, de la manière dont il vit ces interactions en rapport avec l’histoire, les expériences, la culture et qui légitiment ses propres actions. En d’autres termes saisir ce qui nous contraint de l’intérieur (les habitudes qui nous domine de dans)et ce qui agit sur nous de l’extérieur ( croyances et pratiques sociales ).
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En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/education/article/2017/11/09/harcelement-scolaire-un-eleve-sur-dix-est-concerne_5212707_1473685.html#zkxP5Q7yysByjY7G.99
https://www.ismlausanne.org/orientation/pedagogie/a-quoi-sert-lecole
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[1] https://www.ismlausanne.org/orientation/pedagogie/a-quoi-sert-lecole
[2] DEBARBIEUX Éric, La violence en milieu scolaire, 1 . État des lieux, E.S.F. Éditeur, Paris, 1996, 180 p…… Violence à l’école : un défi mondial ?, Colin, Paris, 2006, 315 p.
[3] OLWEUS Dan, Violences entre élèves, harcèlements et brutalités : les faits, les solutions, préface de Jacques Pain, E.S.F., Paris, 1999, p108 .
[4] DAGENAIS Lucie France et BOILY France : Étude sur la dimension psychologique dans les plaintes en harcèlement au travail rapport de recherche sur les plaintes résolues par la commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse sous la direction de la recherche et de la planification, décembre 2000.
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[5] DEBARBIEUX Éric, « La violence à l’école : une mondialisation? », Enjeux, Hors-série n° 8, février 2004.
[6] RANCUREL Marc, « L’Éducation nationale face à la violence scolaire », Les cahiers de la Sécurité intérieure, n° 15,p. 63-71, 1er trimestre 1994, 243 p.
[7] DUBET François, « La violence à l’école », Les cahiers de la Sécurité intérieure, n° 15, p. 11-26, 1er trimestre 1994, 243 p.
[8] CARRA Cécile et FAGGIANELLI Daniel, « École et violences », Problèmes politiques et sociaux, n° 923, La Documentation française, 2006, 119 p.
[9] BRUNNER Roland, psychanalyse des passions dans l’entreprise, édition EYROLLES, paris, 2009, page 136
[10] DAGENAIS Lucie France et BOILY France Op.cit., p45.
[11] BRUNNER Roland, Op .Cit. , page 136
[12] MARC Alexandre, harcèlement moral au sexuel au travail, université de liège, NEVEN Vinciane, 2004-2005, page 06.
[13] ROUILLON Laurence, « Théories officielles et pratiques disciplinaires dans les écoles élémentaire », in Éducation LE 192 harcèlement au collège nationale : les faits et les mythes, coll. « Les Temps Modernes », n° 637-638-639, mars-juin 2006, 768 p.
[14] HIRIGOYEN Marie-France, Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien, Éditions Syros, Paris, 1998, 212 p.
[15] PESTANA Dominique-Manuela Le harcèlement au collège :Les différentes faces de la violence scolaire Éditions KARTHALA22-24, bd Arago 75013 Paris
[16] CARON Jean-Claude, À l’école de la violence. Châtiments et sévices dans l’institution scolaire au XIX e siècle, chap. 1 et 2, Éditions Aubier, Paris, 1999, 333 p.
[17] CARRA Cécile et FAGGIANELLI Daniel, Op. Cit ., p120.
[18] Christophe Dejours, « Travail : usure mentale », Bayard, 2001.
[19] Marie France Hirigoyen, « le harcèlement moral : la violence perverse au quotidien », Syros, 1998.
[20] Heinz Leymann, Mobbing, Seuil, 1996,p82.
[21] Heinz Leymann, Op .Cit., 83.
[22] Marie France Hirigoyen, Op.Cit.,p12.
[23] Drida Michèle, Engel E., Litzenberger M. : ” Du harcèlement ou la violence discrète des relations de travail »l. Actes du IIème Colloque International de Psychopathologie et de Psychodynamique du travail. Paris, 1999
[24] Bureau International du travail de Genève :Conférence internationale du Travail Mettre fin à la violence et au harcèlement contre les femmes et les hommes dans le monde du travail, 5 éme rapport ,107e session, 2018,p99.
[25] JM BENKEMOUN / Le harcèlement http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Harcelement
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