La thérapie comportementale et cognitive (TCC)


 

La thérapie comportementale et cognitive (TCC)

Dr.Touhami  Soufyane/Université Moulay Tahar –Saida-Algérie

 مقال نشر في  مجلة جيل العلوم الانسانية والاجتماعية العدد 48  الصفحة 113.

 

 

Résumé :

Les thérapies comportementales et cognitives représentent l’application de principes issus de la psychologie scientifique à la pratique clinique. Ces thérapies ont été fondées dans un premier temps sur les théories de l’apprentissage : conditionnement classique, conditionnement opérant, théorie de l’apprentissage social .Dans les TCC, la pratique est centrée sur la cognition, c’est-à-dire les pensées et les croyances parfois erronées et négatives qui cultive l’individu sur lui-même. Les TCC ont été largement étudiées dans les troubles anxieux dans les troubles  de panique et dans les troubles anxieux généralisés. Elles sont également efficaces dans l’état de stress post-traumatique, dans les troubles obsessionnels compulsifs, dans les phobies sociales et diverses phobies spécifiques. La TCC est basée sur la correction des pensées (ou cognitions) négatives et l’apprentissage de comportements nouveaux et adaptés. Les idées fausses par rapport aux aptitudes réelles de la personne induisent souvent des conduites d’évitements, de passivité, qui empêchent le contrôle des actions et peuvent aboutir à un état dépressif ou aggraver un état psychotique. la TCC est une thérapie brève allant généralement de quelques semaines à quelques mois.

Mots clés :

La thérapie comportementale et cognitive, trouble, traitement, conditionnement classique, conditionnement opérant, apprentissage, anxiété, phobie.

1/Les thérapies cognitives et comportementales :

C’est un traitement par des moyens psychologiques, qui se fait par des entretiens réguliers, individuels ou en groupe, avec un psychothérapeute. La durée du traitement varie de quelques mois à quelques années. Elle peut être pratiquée seule ou associée à d’autres thérapeutiques (ex : prescription de médicaments). C’est un contrat librement accepté entre la personne et le psychothérapeute, dans le respect du secret professionnel et reposant sur une alliance thérapeutique.

Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) représentent l’application de principes issus de la psychologie scientifique à la pratique clinique. Ces thérapies ont été fondées dans un premier temps sur les théories de l’apprentissage : conditionnement classique, conditionnement opérant, théorie de l’apprentissage social. Puis elles ont également pris pour référence les théories cognitives du fonctionnement psychologique, en particulier le modèle du traitement de l’information. On parle actuellement de thérapies comportementales et cognitives, ou de thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Cette appellation reflète la pratique la plus fréquente. Ainsi, une enquête effectuée par Elliot et coll. (1996) trouve que 67,5 % des membres de l’Association américaine pour le développement de la thérapie comportementale disent pratiquer des thérapies cognitivo-comportementales. En Europe, l’Association européenne de thérapie comportementale (EABT) est devenue l’Association européenne de thérapie comportementale et cognitive (EABCT)4 en 1990.[1]

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) s’intéressent à la partie visible de l’iceberg, celle qui fait souffrir. La pratique est centrée sur la cognition, c’est-à-dire les pensées et les croyances parfois erronées et négatives que cultive l’individu sur lui-même. Celles-ci peuvent générer un état de souffrance et un comportement névrotique (dépendance, phobies, T.O.C.) que la thérapie va alors s’attacher à corriger. De la famille des thérapies brèves, les TCC s’appuient sur une relation active entre le thérapeute et son patient dans l’apprentissage de nouveaux comportements.

2/Historique :

Les premiers essais sur les thérapies comportementales ont été publiés en 1913, par Watson, qui défend l’idée du “behaviorisme” selon laquelle la psychologie devrait se centrer sur l’étude des comportements. Les thérapies cognitives quant à elles, ont été développées dans les années 60, par Alber Ellis et Aaron Beck. Le premier s’est intéressé aux épisodes dépressifs venant de la vision grandiose que nous avons de nous-même comparée à ce que nous sommes capables de faire, générant la plupart du temps des appréciations défaitistes. Le second, Aaron Beck, après avoir évalué les résultats de différentes thérapies, axe sa recherche sur les cognitions, nos pensées et nos croyances. La synthèse entre comportemental et cognitif s’est faite d’elle-même, les thérapeutes pratiquant un aller-retour fréquent entre les deux.[2]

3/Principes thérapeutiques :

Les thérapies cognitives et comportementales sont fondées sur l’apprentissage de nouveaux comportements, à partir de l’élaboration de pensées plus adéquates : il s’agit de réussir demain, ce dont on se croit incapable aujourd’hui et que, de ce fait, on a raté hier. La pratique repose en partie sur l’analyse fonctionnelle du problème, avec la mise à jour des déclencheurs, des monologues intérieurs y afférant, et bien sûr des comportements “compulsifs”. Puis sur l’élaboration d’objectifs, qui consistent essentiellement en un certain nombre de tâches précises à accomplir. Ce qui sous-entend pour le patient de se mettre en situation stressante. D’où un autre principe essentiel aux TCC : un contrat ou une collaboration active entre les deux parties, qui permet d’évaluer ce que le patient peut accepter. Il n’y a pas d’obligation donnée par le thérapeute.

Un certain nombre de principes issus des théories de l’apprentissage et des théories cognitives représentent le fondement de la pratique des thérapies cognitivo-comportementales. Les conditionnements classiques et opérant sont une des bases théoriques des thérapies cognitives et comportementales. Ils représentent les lois d’apprentissage qui caractérisent l’ensemble des êtres vivants. Dans ce sens, ce sont les formes d’apprentissage normales et adaptées. Mais dans certaines circonstances, ils aboutissent à un apprentissage émotionnel ou comportemental inadapté ou pathologique que les thérapies cognitives et comportementales visent à traiter. Pour certains troubles mentaux, ces formes d’apprentissage ainsi que les mécanismes cognitifs peuvent jouer un rôle causal direct dans l’étiologie du syndrome. Pour d’autres troubles, ces mécanismes ne jouent pas un rôle causal, une conditionnabilité, inscrite dans le tempérament et d’origine biologique, faisant le lit du syndrome. Mais les processus d’apprentissage influencent l’expression phénotypique finale d’un syndrome, et peuvent de ce fait être modifiés dans un sens favorable par les TCC. Les données actuelles de l’épidémiologie génétique montrent que dans l’anxiété et la dépression les facteurs environnementaux sont aussi importants que les facteurs génétiques dans l’expression phénotypique des troubles. C’est ce qu’a, en particulier, montré une étude sur le stress post-traumatique effectuée chez des jumelles identiques et élevées dans le même milieu. À environnement social égal et génétique égale, c’est la jumelle qui a subi l’abus sexuel intense le plus grave qui va développer un stress post-traumatique (Kendler et coll., 2000). De manière plus générale, la génétique des comportements (revue in Paris, 1998) montre que les sources de variation dans la personnalité sont représentées à 50 % par des facteurs héréditaires et à 50 % par des facteurs d’environnement. On s’oriente donc vers des modèles de vulnérabilité génétique, où les événements de vie provoquent des conditionnements et favorisent la mise en place de schémas cognitifs qui vont entraîner des dysfonctionnements. Il est possible d’agir par la TCC sur les réponses comportementales et émotionnelles ainsi que sur les cognitions.[3]

3.1/Conditionnement classique (ou répondant ou pavlovien) :

 Il a été mis en évidence par Pavlov en 1926 (Pavlov, 1963). Le conditionnement classique, ou pavlovien, a pour effet de mettre en place les réponses du système nerveux végétatif. Il consiste à associer un stimulus neutre (une sonnerie), en le présentant un quart de seconde avant un stimulus inconditionnel (la nourriture), pour que se déclenche une réponse de salivation. Le stimulus neutre déclenchera par la suite, à lui seul, la réponse. L’ensemble des réponses émotionnelles physiques relève de ce conditionnement par lequel un stimulus neutre – un lieu, une image, un son, une date, un mot – est associé automatiquement à des manifestations émotionnelles. Les travaux de Le Doux (1998) ont permis une avancée significative de la biologie des émotions et de leurs relations avec les facteurs cognitifs. La conscience joue peu de rôle dans ce type d’apprentissage, qui a lieu dans deux structures neurologiques qui appartiennent à des structures primitives du cerveau : le thalamus et l’amygdale, et également le tronc cérébral. L’apprentissage de la peur et des réactions anxieuses a lieu dans le thalamus et l’amygdale, selon une voie qui court-circuite le cortex préfrontal. Cette voie est utilisée quand il s’agit de réponses de survie immédiates : fuir, affronter et combattre, ou s’immobiliser. Mais à cette voie courte se superpose une voie longue, qui va permettre un traitement conscient et plus lent de l’information. Cette voie fait relais dans les aires préfrontales qui font partie du néocortex. Une atteinte du cortex préfrontal empêche la décroissance des réponses de peur et d’anxiété par l’exposition répétée aux situations provocatrices d’anxiété (Le Doux, 1998). Ce qui signifie que la conscience joue sans doute un rôle dans les processus d’habituation. Il est vraisemblable que les personnes qui présentent des perturbations émotionnelles importantes utilisent essentiellement la voie courte, automatique et inconsciente : ce qui expliquerait des réactions de colère, de violence ou de peur disproportionnées par rapport à la situation qui provoque l’émotion. La figure 7.1 représente les voies longue et courte du traitement de l’information émotionnelle selon Le Doux (1998). Elle positionne aussi les possibles actions de la thérapie comportementale sur la voie courte, émotionnelle, et de la thérapie cognitive sur la voie longue, plus rationnelle.

3.2/Conditionnement opérant (ou skinnerien ou instrumental) :

 Il décrit le développement et le maintien des réponses motrices et verbales. Il a été décrit dès la fin des années 1930 par Skinner (1971), comme une extension de la théorie darwinienne de la sélection naturelle. L’organisme opère sur l’environnement et les conséquences de son action le conduisent à modifier son comportement. Il répétera ou éliminera certaines réponses. Les actions sont renforcées par leurs conséquences. Une formulation adéquate de l’interaction entre un organisme et son milieu doit spécifier trois niveaux d’analyse fonctionnelle : • les circonstances dans lesquelles la réponse survient, autrement dit le stimulus discriminatif qui signale au sujet qu’il doit agir ; • la réponse elle-même ; • les conséquences à effet renforçateur. L’interrelation entre ces trois éléments est une contingence du renforcement, qui entre aussi en interaction avec les motivations internes à agir. L’analyse du maintien d’une séquence comportementale passe par l’étude de ses conséquences qui permet de comprendre la finalité d’un comportement. Une action qui a des conséquences positives va tendre à se répéter (renforcement positif). Inversement, devant les conséquences négatives d’une action, l’organisme aura tendance à émettre des comportements d’évitement ou d’échappement la situation susceptible de provoquer des désagréments. C’est le renforcement négatif : conditionnement d’échappement ou d’évitement des situations aversives. L’absence de conséquences négatives ou positives à une action entraînera progressivement la disparition de cette action du fait de l’absence de tout renforcement : c’est l’extinction. Deux grands principes pratiques, issus du conditionnement opérant, sont le plus souvent utilisés : • le principe de segmentation de la difficulté : il consiste par exemple à classer de 0 à 100 les étapes d’affrontement d’une situation en fonction de l’anxiété ressentie à chaque étape ; • le façonnement progressif (shaping) avec renforcement positif des comportements qui, s’approchant progressivement du but recherché, évite le découragement aussi bien des patients que des thérapeutes. Le renforcement positif est présenté par le thérapeute sous forme d’approbation. [4]

3.3/Sensibilisation et habituation :

L’habituation est un processus physiologique très général, forme élémentaire et primitive d’apprentissage qui peut être assez facilement utilisée comme paradigme expérimental et principe thérapeutique. L’habituation est l’inverse de la sensibilisation. Eric Kandel, prix Nobel 2000, chez un organisme comprenant un nombre limité de neurones (aplysie), a montré qu’à côté des réponses conditionnelles, il pouvait exister une mémorisation après une seule rencontre avec un stimulus nociceptif et une potentialisation à long terme qui résulte d’une cascade d’événements chimiques qui font que la réponse va s’accroître sans qu’il soit nécessaire de mettre en place de nouvelles expériences de conditionnement (cité par Marks, 1987). Chez l’homme qui souffre de réponses émotionnelles excessives, l’habituation par présentation prolongée et répétée des stimuli aboutit à la diminution de la force des réponses inconditionnelles contrôlées par le tronc cérébral et le complexe amygdalien. En revanche, la présentation brève des stimuli évocateurs d’obsessions et de compulsions ou de phobies ne fait qu’accroître l’intensité des réponses motrices, cognitives et végétatives futures. Il s’agit du phénomène inverse de l’habituation : la sensibilisation. En général il faut 45 minutes d’exposition pour aboutir au phénomène d’habituation. Le thérapeute doit donc proposer aux patients phobiques ou obsessionnels qui sont traités par les méthodes d’exposition, des séances répétées et prolongées, plutôt que des séances brèves. Les thérapies comportementales se sont fondées, au début, sur la notion qu’un certain nombre de comportements, en particulier les comportements d’évitement, résulteraient d’un conditionnement par association de stimuli. Dans un premier temps, un conditionnement classique des réponses émotionnelles va fixer un pattern émotionnel dans la mémoire ; dans un deuxième temps, l’évitement comportemental va soulager de l’anxiété et fixer sur un mode opérant les réponses motrices. Les deux facteurs, conditionnement classique et conditionnement opérant, participent au maintien du trouble anxieux, ce qui fait que les TCC vont agir à ces deux niveaux d’apprentissage : réduire l’anxiété et encourager les comportements actifs d’affrontement. Le plus connu des principes utilisés en TCC est l’exposition aux situations anxiogènes (Wolpe, 1975 ; Marks, 1987). Celle-ci est en général effectuée de manière graduelle et précédée d’une phase d’exposition prolongée et répétée en imagination, qui vise à habituer les réponses physiologiques inadaptées et à éteindre les réponses motrices d’évitement.[5]

3.4/Apprentissage social :

 le principe d’apprentissage par imitation de modèles Il a été démontré (Bandura, 1977), sur le plan expérimental, l’importance de l’apprentissage par imitation de modèles. Ces principes ont été étendus aux problèmes cliniques. Les techniques dites de « modeling », sont surtout utilisées pour le développement de la compétence sociale par les jeux de rôles où le patient, après avoir joué une interaction sociale, observe des modèles compétents qui donnent leur version de la situation. Le patient s’inspire du modèle pour donner sa propre version. Ses progrès peuvent être filmés et discutés avec lui. Le modèle peut être présenté par le thérapeute qui joue la scène devant le patient avec un autre thérapeute, ou selon un programme d’apprentissage enregistré sur bande vidéo après une étude soigneuse et une adaptation aux problèmes d’interaction sociale particuliers à chaque patient. Bandura (1977) a également développé une théorie générale du changement psychothérapique en postulant une dimension particulière du fonctionnement mental : l’efficacité personnelle perçue. Cette théorie est proche de celle qu’avait développée, à la même époque, Seligman (1975) chez l’animal puis chez l’homme. Elle accorde au sentiment d’impuissance apprise face à des événements aversifs un rôle central dans la psychopathologie. L’impuissance apprise et la perte de l’efficacité personnelle perçue peuvent rendre compte des réponses de stress, d’anxiété et de dépression. Le changement psychothérapique a lieu dans la mesure où un sujet se considère, à nouveau, comme capable de présenter un comportement et qu’il pense que ce comportement aboutira à un résultat (attentes de résultat). Modifier les attentes de résultats et d’efficacité est un principe général de changement utilisable en psychothérapie, notamment dans la dépression. Il s’agit donc d’une interprétation cognitive des théories de l’apprentissage, et l’œuvre de Bandura et celle Seligman représentent une transition entre les théories de l’apprentissage et les théories cognitives.[6]

4/Déroulement d’une séance :

La première séance est consacrée à l’écoute du problème du patient. La suivante repose sur la description détaillée des cognitions et du comportement associé aux multiples situations du quotidien : à quoi pense-t-on quand on se réveille ? le petit déjeuner avant ou après la douche ? L’objectif est avant tout d’établir une liste des moments les plus angoissants. Trois ou quatre séances plus tard, le thérapeute et le patient élaborent ensemble un contrat, avec des tâches à accomplir (dîner dans un lieu public, prendre l’ascenseur) selon un agenda précis, dans le but de modifier progressivement le comportement. Le thérapeute s’implique : il pose des questions, conseille et éclaircit les points qui peuvent aider son patient à comprendre son trouble et à trouver des solutions pour en sortir. Les séances suivantes traitent des difficultés que rencontre le patient, et d’un réajustement éventuel. Dans certains cas (les phobies), une séance de relaxation est nécessaire pour parvenir à une désensibilisation de l’objet de la peur. Chaque séance est différente de la précédente, puisqu’il s’agit à chaque fois de progresser un peu.

5/Objectifs de la TCC Déroulement de la thérapie :

Aider la personne à trouver – ou retrouver – son autonomie et des relations interpersonnelles plus faciles. Pour ce faire, la TCC cible les objectifs suivants : Méthode La TCC est basée sur la correction des pensées (ou cognitions) négatives et l’apprentissage de comportements nouveaux et adaptés. Les idées fausses par rapport aux aptitudes réelles de la personne induisent souvent des conduites d’évitements, de passivité, qui empêchent le contrôle des actions et peuvent aboutir à un état dépressif ou aggraver un état psychotique. Dans la majorité des cas, ces émotions pénibles et leurs cortèges de répercussions, ne peuvent disparaître spontanément et durent parfois toute une vie. • s’affirmer, en se confrontant aux situations stressantes par une habituation progressive, • endiguer de façon pragmatique le symptôme sous ses multiples formes, en modifiant les a priori et les idées obsédantes véhiculées par l’anxiété, • travailler à la restauration revalorisante de sa propre image, en reconsidérant ses réelles qualités et potentialités, • lutter contre les conflits internes et les croyances anxiogènes (sources d’anxiété), • chercher des moyens alternatifs, qui permettent d’identifier et de corriger les pensées automatiques.[7]

6/Mécanismes d’action :

 Comme tout traitement, la psychothérapie vise à améliorer l’état de la personne et/ou à prévenir des rechutes. Les mécanismes d’action varient selon la théorie utilisée, mais reposent tous sur l’idée d’une interaction entre corps, psychisme et environnement. Il y a plusieurs techniques différentes, choisies en fonction du type de souffrance et du souhait de la personne. Les techniques de psychothérapies sont fondées sur la parole, associée ou complétée par des médiations instrumentales ou corporelles. Les psychothérapies se déroulent dans un cadre précis défini par le thérapeute : lieu, modalités techniques, durée et fréquence des séances.

Qui peut en bénéficier ? La psychothérapie s’adresse à des personnes de tous les âges, mais aussi aux couples et aux groupes familiaux. Elle peut aider toute personne ayant une souffrance psychique, exprimée par des symptômes tels que : angoisse, tristesse, crise de panique, phobies, obsessions, dépression, idées suicidaires, perte de confiance en soi, isolement, inhibition, difficultés relationnelles, troubles alimentaires, troubles sexuels ou troubles du sommeil. Ces symptômes peuvent apparaître dans le cadre : • d’une névrose, chez une personne consciente de ses troubles, qui n’est pas coupée de la réalité et qui demande de l’aide, • d’une psychose, chez une personne peu ou pas consciente de ses troubles, mais intéressée à mieux comprendre sa souffrance, • d’une addiction à l’alcool ou aux drogues, • de troubles psychosomatiques (ex : asthme, eczéma, douleurs…), • de troubles réactionnels à une situation traumatisante ou à une situation conflictuelle dans un couple, une famille, au travail ou à l’école.[8]

C’est une thérapie brève, validée scientifiquement, qui vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité. La TCC aide à progressivement dépasser les symptômes invalidants, tels que : les rites et vérifications, le stress, les évitements et les inhibitions, les réactions agressives, ou la détresse à l’origine de souffrance psychique.

7/Pour quels types de troubles ?

 « Les TCC ont été largement étudiées dans les troubles anxieux. Leur efficacité est la mieux établie, en association ou non au traitement médicamenteux, dans le trouble de panique et dans les troubles  anxieux généralisé. Elles sont également efficaces dans l’état de stress post-traumatique, dans les troubles obsessionnels compulsifs, dans les phobies sociales et diverses phobies spécifiques. D’après une étude contrôlée, les psychothérapies brèves sont efficaces dans le traitement du trouble panique en association avec un antidépresseur pour prévenir les rechutes. Elles pourraient être également efficaces dans l’état de stress post-traumatique, et n’ont pas été étudiées dans d’autres troubles anxieux.»(1)

La TCC est également efficace dans le traitement de troubles dépressifs, tels que les états dysthymiques et les états dépressifs majeurs. Les troubles du sommeil, les états de dépendances (conduites addictives), certains aspects des troubles psychotiques, les troubles alimentaires ainsi que des troubles fonctionnels rencontrés en médecine peuvent aussi être traités par la thérapie comportementale et cognitive. Lorsque le trouble s’avère particulièrement sévère, la thérapie peut être combinée à un traitement médicamenteux, comme support transitoire et limité dans le temps. Bien adaptée aux enfants, la TCC répond avec satisfaction aux problèmes d’énurésie, de phobie scolaire, aux troubles oppositionnels et de conduite, aux troubles déficitaires et de l’attention (hyperactivité).[9]

8/Méthode :

 La TCC est basée sur la correction des pensées (ou cognitions) négatives et l’apprentissage de comportements nouveaux et adaptés. Les idées fausses par rapport aux aptitudes réelles de la personne induisent souvent des conduites d’évitements, de passivité, qui empêchent le contrôle des actions et peuvent aboutir à un état dépressif ou aggraver un état psychotique. Dans la majorité des cas, ces émotions pénibles et leurs cortèges de répercussions, ne peuvent disparaître spontanément et durent parfois toute une vie.

Pour en comprendre les causes, et les modifier, la TCC s’appuie sur une relation thérapeutique de collaboration (l’alliance thérapeutique) et sur la motivation fondée sur les résultats. Ces deux éléments engagent la personne à apprendre des moyens de remplacer le comportement indésirable, par des conduites plus en conformité avec la réalité. Selon les indications thérapeutiques, ou les préférences de la personne, la TCC se réalise avec un thérapeute en individuel ou en groupe. Ce dernier type de thérapie semble obtenir de bons résultats à long terme grâce à sa plus grande capacité à provoquer des changements cognitifs entre les différents participants.[10]

9/Evaluation :

 Régulièrement évalués et réajustés durant toute la durée de la thérapie, les exercices aident à mieux maîtriser les émotions douloureuses et limitent les pensées anxiogènes ou dépressives. Par ce travail, les symptômes sont progressivement maîtrisés. Par l’allégement des tensions internes, les problématiques sont affrontées avec moins d’appréhension et plus de savoir-faire. [11]

10/Durée du traitement :

 Avec des résultats globalement très satisfaisants et concrets dans le traitement de nombreux troubles, la TCC est une thérapie brève allant généralement de quelques semaines à quelques mois. Néanmoins, il est parfois nécessaire, en fonction de l’ancienneté et de la gravité du trouble, de prolonger la durée de la thérapie sur des périodes définies en commun, lorsqu’un suivi de prise en charge s’avère indispensable. La durée des séances est de 30 min à 1 h en thérapie individuelle, et de 2 h à 2h30 en groupe, à raison d’une séance par semaine dans les deux cas, quand cela est possible.[12]Références :

1/ Cyrille Bouvet,2014, Introduction aux thérapies comportementales et cognitives, éd  dunod,paris ,France.

2/Stacey CallahanFrédéric Chapelle,2016 , Les thérapies comportementales et cognitives, éd  dunod, paris ,France.

3/Bertrand Samuel-Lajeunesse,2008, Manuel de thérapie comportementale et cognitive, éd  dunod,paris ,France.

4/ M. Vinot- Coubetergues et E. Marc,2015, Les Fondements des psychothérapies, éd  dunod ,paris ,France.

5/ Ovide Fontaine , Philippe Fontaine ,2007, Guide clinique de thérapie comportementale et cognitive ,Ed retz, France.

6/ Jean Cottraux, 2006, Les thérapies cognitives : Comment agir sur nos pensées, Ed retz, France.

7/ Jean-Louis Monestès,2006, Les thérapies comportementales et cognitives, éd  dunod, paris ,France.

8/ Jérôme Palazzolo, 2012, Cas cliniques en thérapies comportementales et cognitives,masson,France.

[1] -Cyrille Bouvet,2014, Introduction aux thérapies comportementales et cognitives, éd  dunod,paris ,France.

[2] -Stacey CallahanFrédéric Chapelle,2016 Les thérapies comportementales et cognitives, éd  dunod, paris ,France.

[3] -Stacey CallahanFrédéric Chapelle,2016 , Les thérapies comportementales et cognitives, éd  dunod, paris ,France.

[4] -Jérôme Palazzolo, 2012, Cas cliniques en thérapies comportementales et cognitives,masson,France.

[5] -Jérôme Palazzolo, 2012, Cas cliniques en thérapies comportementales et cognitives,masson,France.

[6] -Jérôme Palazzolo, 2012, Cas cliniques en thérapies comportementales et cognitives,masson,France.

[7] -Stacey CallahanFrédéric Chapelle,2016 , Les thérapies comportementales et cognitives, éd  dunod, paris ,France.

[8] -Bertrand Samuel-Lajeunesse,2008, Manuel de thérapie comportementale et cognitive, éd  dunod,paris ,France.

[9] – M. Vinot- Coubetergues et E. Marc,2015, Les Fondements des psychothérapies, éd  dunod ,paris ,France.

[10] -Ovide Fontaine , Philippe Fontaine ,2007, Guide clinique de thérapie comportementale et cognitive ,Ed Retz, France.

[11] -Jean-Louis Monestès,2006, Les thérapies comportementales et cognitives, éd  Dunod, paris ,France.

[12]- Jean Cottraux, 2006, Les thérapies cognitives : Comment agir sur nos pensées, Ed Retz, France.


Updated: 2019-01-04 — 21:18

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