La place de l’entrepreneuriat féminin dans la sphère économique / HIMRANE Mohammed


La place de l’entrepreneuriat féminin dans la sphère économique

HIMRANE Mohammed  Maître Assistant (A)  Université de JiJel.

 مقال نشر في العدد 18 من مجلة جيل حقوق الإنسان الصادر بشهر أبريل 2017، ص 117

(حمل من هنا: مجلة جيل حقوق الإنسان العدد 18).

 

Résumé

L’intérêt croissant pour l’entrepreneuriat féminin est lié à son rôle et à sa place très importante dans le développement économique et social des pays, à travers la création d’emplois, de revenus et de richesses. Ce type d’entrepreneuriat peut jouer un rôle primordial dans la diversification de l’économie algérienne.

Le but de cette étude est d’explorer l’état des lieux de l’entrepreneuriat féminin en Algérie qui peut servir comme un levier de relance économique. En effet,JiL Human 18 les pouvoirs publics peuvent influencer l’acte de création d’entreprises féminines à travers des actions de diversification sociale et économique.

Introduction

Nous pouvons définir l’entrepreneuriat au sens très strict comme étant la création d’entreprises par des personnes qu’elles soient morales ou physiques. Selon Martin (2013), l’entrepreneuriat féminin est issu d’un contexte de promotion de l’initiative privée, il réuni donc, un ensemble d’entreprises variées et tenues par des femmes inscrites dans toutes la hiérarchie sociale.

Ainsi, en raison de son rôle dans le développement économique que l’entrepreneuriat féminin peut servir de levier fondamental pour la diversification de l’économie en Algérie, un pays focalisé excessivement sur les hydrocarbures, une matière soumise aux fluctuations des cours sur les marchés internationaux. En fait, dans la sphère économique réside des opportunités qui permettent à la femme de réaliser ces potentialités, en termes d’accès à l’emploi et aux moyens de production.

À ce titre, la création d’une entreprise constitue un choix de carrière parmi d’autres solutions envisageables. Ce niveau d’analyse est associé à la participation des femmes à la population active et aux choix opérés par celles-ci. Toutefois, l’entreprenariat des femmes dans la région MENA représente d’une façon globale une réserve sous-utilisée pour la création d’emploi, la croissance économique et la cohésion sociale. Il convient de noter que bien que les femmes possèdent et gèrent entre 31 % et 38 % des entreprises au niveau mondial, dans la région MENA, elles ne représentent que 15 % des entreprises selon une enquête réalisée par la Banque Mondiale entre la période 2003-2010 (Cawtar, 2015). Quant à l’Algérie, le Centre National de Registre de Commerce (CNRC) estime que les femmes algériennes sont gérantes de moins de 6% de sociétés à la fin de l’année 2014 (CNRC, 2015).

Cependant, le cadre macroéconomique est qualifié de climat d’affaires défavorable à la création d’entreprises féminines dans notre pays. A vrai dire, selon le rapport de la Banque Mondiale, Doing Business 2016, l’Algérie se situe au 163e rang sur 188 pays, très en deçà en termes de performances par rapport à ses voisins, la Tunisie et le Maroc, respectivement classés à la 74e et 75e place.

Notre objectif est d’évaluer le rôle économique de l’entrepreneuriat féminin en Algérie. Il s’agira donc de répondre à la question suivante:

 

    Quel apport les entreprises dirigées par les femmes apportent-elles à l’économie nationale?

 

Pour ce faire, nous allons suivre le plan suivant:

  1. L’entrepreneuriat dans le contexte économique
  2. La place de l’entrepreneuriat féminin dans le développement économique
  3. L’intérêt pour l’entrepreneuriat féminin
  4. Le rôle économique de l’entrepreneuriat féminin dans le monde
  5. La place de l’entrepreneuriat dans les pays arabes
  6. La place de l’entrepreneuriat féminin dans l’économie algérienne
  7. Les femmes entrepreneurs dans les dispositifs d’accompagnement en Algérie
  8. Les enjeux de l’entrepreneuriat féminin en Algérie

 

  1. L’entrepreneuriat dans le contexte économique

En fait, les économistes ont le privilège d’être les premiers qui ont adopté le concept de l’entrepreneuriat avec un sens plus scientifique. Shane et Venkataraman (2000) définissent l’entrepreneuriat comme “la découverte et l’exploitation d’opportunités rentables pour la richesse privée et par voie de conséquence pour la richesse sociale “(p.132).

Premièrement, l’entrepreneuriat apparait dans la science économique à travers les écrits de Richard Cantillon (1680-1734) qui publia Essai Sur la Nature du Commerce en Général en 1755 (Landström, 2005, p:28). L’une des caractéristiques d’analyse de base de Cantillon est l’introduction du concept de risque.

Au milieu du 18ème siècle, un autre économiste Adam Smith, développa la théorie économique classique, mais enfin, c’est grâce à l’économiste Jean Baptiste Say (1767-1832) qu’un véritable changement dans la nouvelle tendance de l’entrepreneuriat a été conduit. Dans ses travaux Traité d’économie politique (1803/1964) et Cours complet d’économie politique pratique (1828), il définit l’entrepreneuriat comme étant une combinaison de facteurs de production et il développe aussi une analyse de la fonction de l’entrepreneuriat dans l’économie. Dans ce contexte, il considère l’entrepreneur comme “un courtier” organisant et combinant des moyens de production dans le but de produire des marchandises (Landström, 2005,p:29) .

Toutefois, le personnage le plus remarquable dans l’histoire de l’entrepreneuriat est Joseph A. Schumpeter (1883-1950). Il est considéré comme le père de l’entrepreneuriat parce qu’ il a fait de l’entrepreneur une figure centrale dans la théorie économique. En tant que sociologue qu’économiste, Schumpeter redonne les lettres de noblesse à la théorie économique de l’entrepreneur.

2 La place de l’entrepreneuriat dans le développement économique

La création d’entreprise est synonyme de l’émergence de nouveaux produits visant la satisfaction de multiples besoins des consommateurs et des investisseurs. Pour ce qui est de la richesse dégagée à partir des activités économiques, celle-ci a pour effet d’augmenter le stock de dépenses sur les biens d’investissement et de création de nouvelles entités. Ce processus de réinvestissement de ressources est vital pour la création de nouvelles richesses ainsi que pour la dynamique de la demande nationale. Selon la US Small Business Administration en 2002, on comptait 22,9 millions d’entreprises aux États-Unis et 99,7 pour cent ont été classées comme de petites entreprises (Carsrud et Brännback, 2007, p:5). Ces entreprises jouent un rôle important dans la prospérité de ce pays qui demeure le pays où le domaine entrepreneurial est des plus dynamiques.

L’une des principales vertus de l’entrepreneuriat sur l’économie est la création de nouveaux postes de travail, un élément qui peut être considéré comme une contribution majeure à l’économie. Une autre vertu par laquelle l’entrepreneuriat soutient l’économie est l’innovation. En effet, les nouvelles innovations peuvent relancer l’économie dans la mesure où elles apportent de bonnes méthodes du travail et de production. L’entrepreneur en tant qu’innovateur participe au renouvellement du tissu économique et industriel comme l’explique Schumpeter dans sa fameuse expression: ”creative destruction”.

Le comportement entrepreneurial influence la force et la stabilité économique à travers l’innovation et la création d’emploi:

  • L’innovation: elle est le processus de création d’une nouvelle chose, qui est centrale au processus entrepreneurial. Selon le rapport administratif Américain sur les PME de 2010, les PME sont des fournisseurs d’une part significative d’innovation (Barringer et Ireland, 2012, p:21).
  • La création d’emploi: la plupart des nouveaux postes d’emploi aux USA sont crées par les PME. Selon l’enquête de Kauffman Foundation , 92% des Américains croient que les entrepreneurs sont d’une importance capitale à la création d’emploi (Barringer et Ireland, 2012, p:21).

L’importance de l’entrepreneuriat pour l’économie a été d’abord soulignée par Schumpeter, 1911, p 66) qui stipule qu’il y a cinq situations qui favorisent le développement économique, parmi lesquelles, il évoque la création d’organisations. Aussi, dans son ouvrage The Theory of Economic Development , Schumpeter (1934) montre que les entrepreneurs développent de nouveaux produits et technologies faisant en sorte qu’au fil du temps les anciens produits et technologie deviennent obsolètes. Schumpeter appelle ce processus la destruction créative. En effet, les nouveaux produits et technologies sont typiquement mieux que ceux qui sont remplacés et ils peuvent accroitre la productivité de toutes les activités dans une société.

En constatant les facteurs qui favorisent la croissance économique, les économistes ont progressivement inclus des variables qualitatives dans leur modèles de croissance économique. L’une de ces variables est l’entrepreneuriat, considéré comme l’un des facteurs qui pourraient promouvoir les objectifs de la politique économique (Galindo et Ribeiro, 2012, P:01)

  1. L’intérêt pour l’entrepreneuriat féminin

L’évolution des facteurs sociologiques encourage les femmes à pénétrer le monde du travail. Depuis la Seconde guerre mondiale, l’influence des femmes n’a fait qu’augmenter sur le marché du travail occidental, motivées en partie par leur besoin d’indépendance financière et d’auto- suffisance. Il faut y ajouter aussi l’incapacité d’une seule paie à répondre aux besoins financiers de nombreuses familles de la classe moyenne, la croissance du taux de divorces et l’augmentation du nombre de femmes vivant seules. De plus, les valeurs et les attitudes envers le travail payé ont changé, ce qui encourage les femmes en sécurité financière à chercher néanmoins leur épanouissement à l’extérieur du foyer.

Les premiers travaux en entrepreneuriat avaient été centrés principalement sur les entrepreneurs masculins en raison de la représentativité de cette catégorie au regard de sa proportion. C’est seulement à partir de la fin des années 1970 que l’entrepreneuriat féminin a commencé à émerger, commençant par l’étude des caractéristiques psychologiques et sociologiques des femmes entrepreneurs.

Au milieu des années 1970, les hommes constituaient de loin la principale composante de la population entrepreneuriale et il n’y avait pas à cette époque une perception du statut de la femme entrepreneur comme étant un phénomène distinct (US Bureau of the Census, 1977). Il a été tout simplement supposé que les hommes et les femmes entrepreneurs possédaient essentiellement les mêmes caractéristiques. Cependant, des changements législatifs importants apparaissent dans cette période dans la plupart des pays développés. A titre indicatif, le gouvernement des États-Unis constata que l’adoption de la loi sur l’égalité en matière de crédit (Equal Credit Opportunities Act) de 1975 et la loi relative aux mesures palliatives dans le domaine de l’emploi (Affirmative Action Act) de 1978 ont été cruciales pour le développement des entreprises dirigées par les femmes aux États-Unis. Ces lois ont considérablement éliminé les obstacles structurels ayant entravé le développement des entreprises féminines. En 1979, un autre rapport parrainé par le Département du Commerce intitulé The Bottom Line (Département du Commerce des Etats-Unis, 1979) vient légitimer encore le statut des femmes chefs d’entreprises aux USA.

Ces lois remettent le statut des femmes à l’avant-garde de débats politiques et académiques, et conduisent à l’apparition au début des années 1970 du premier travail relatif aux femmes entrepreneurs: “Entrepreneurship: A New Female Frontier” par Eleanor Schwartz, dans un moment où il y avait seulement 5% des entreprises féminines aux USA représentant approximativement 700,000 entreprises (Greene et al., 2006) .

 Bien que le travail pionnier de Schwartz reste le seul dans son genre jusqu’à la fin de la décennie, il représente effectivement le début d’un courant de recherche qui décrit les caractéristiques des femmes entrepreneurs, leur entreprises, et leur contribution à la croissance, en tout détail.

L’entrepreneuriat au féminin peut être considéré comme un champ d’étude autonome. En général, les chercheurs semblent devenus plus conscients de la sensibilité des différences entre les sexes, et le genre devient de plus en plus employés comme une variable de contrôle (Verheul,2005). Il ne s’agit plus de s’intéresser au sexe de l’individu mais à sa manière de diriger son entreprise. Chabaud,(2013).

  1. Le rôle économique de l’entrepreneuriat féminin dans le monde

L’un des aspects pertinents de l’entrepreneuriat féminin est le fait qu’il est une importante source de croissance. La femme entrepreneur crée de nouveaux emplois pour elle-même et pour les autres, et surtout fournit des biens et services pour satisfaire des besoins multiples.

En réalité, la littérature met en évidence l’impact positif de l’entrepreneuriat féminin sur le développement socioéconomique. Cet impact comprend la création d’emplois, la croissance économique, l’innovation et la diversité en entrepreneuriat (Verheul et al, 2006). Selon Brush et al,(2006), la population des femmes chefs d’entreprises est l’une des populations entrepreneuriales les plus croissantes au monde.

L’entrepreneuriat féminin a pris une évolution croissante dans la plupart des pays industrialisés depuis une dizaine d’années, mais aussi dans les pays en voie de développement, avec souvent des caractéristiques spécifiques (microentreprises). Les États-Unis par des actions volontaristes engagées depuis plus de trente ans ont montré la voie à suivre aux autres nations en matière de programmes et d’accompagnement des femmes entrepreneurs dont ils recueillent aujourd’hui les fruits. Un taux de 48 % des femmes entrepreneures a été atteint.

Beaucoup de femmes se lancent en premier lieu pour créer leur propre emploi. On parle alors “d’entrepreneuriat de nécessité”, par opposition à l’entrepreneuriat de croissance” qui est plus répandu chez les hommes (GEM 2010).

Il est maintenant plus visible que l’entrepreneuriat au féminin crée de l’emploi et contribue à la création de richesse dans toutes les économies (Brush et al, 2006). Les femmes entrepreneurs contribuent au développement économique en créant non seulement des emplois mais aussi des richesses.

Aux USA par exemple, entre 1980 et 1988, le nombre d’entrepreneurs avait augmenté de 56 % alors que le nombre de femmes avait augmenté de 82 %. Au Canada, une étude a montré qu’entre 1991 et 1994, les entreprises dirigées par des femmes canadiennes ont créé quatre fois plus d’emplois que la moyenne totale canadienne (Carrier et al, 2006).

Par ailleurs, les études empiriques démontrent que le rôle de l’entrepreneuriat féminin dans la réduction de la pauvreté est fondamental, à ce titre: l’expérience de la banque Grameen en Bangladesh est exemplaire. Cette banque a principalement focalisé sur les femmes, car elle avait découvert que l’octroi des crédits à cette catégorie produisait des profits aussi bien pour les familles et que pour la communauté. Son fondateur et prix noble d’économie Muhammed Yunus (2007), la contribution des entreprises féminines est un instrument efficace pour la lutte contre le chômage et l’émergence de ce type d’entreprises au Bangladesh a contribué d’une façon remarquable à la diminution de la pauvreté dans les zones rurales.

Généralement, les femmes choisissent l’entrepreneuriat pour concilier vie privé et vie professionnelle. Les femmes indépendantes en France travaillent plus fréquemment que les hommes dans le secteur des services: 61 % des femmes indépendantes sont dans le secteur des services, 39 % des hommes (Fouquet, 2005). Il n’en demeure pas moins que l’entrepreneuriat au féminin crée de l’emploi et contribue à la création de la richesse dans toutes les économies (Brush et al, 2006).

  1. La place de l’entrepreneuriat dans les pays arabes

Bien que le nombre de femmes entrepreneurs soit en augmentation continue dans le monde, les entreprises dirigées par les femmes dans les pays arabe demeurent très faibles. Selon l’OCDE (2014), les économies de la région MENA ont la plus faible proportion des femmes employées au monde et un niveau de femmes entrepreneurs tout aussi faible. Dans une autre étude menée auprès d’un échantillon de femmes de deux pays du Golfe, Oman et Bahreïn, (Dechant, et al., 2005) concluent que les facteurs de motivation qui incitent les propriétaires d’entreprises varient selon leur situation, mais pourraient être caractérisés principalement par des facteurs pull (motivations économiques et d’indépendance). De même, Naser et al. (2009) ont signalé que les femmes dans les pays du Golf choisissent l’entrepreneuriat pour l’autoaccomplissement car une telle démarche améliore leur statut socio-économique au sein de la société. Dans son étude sur huit pays de la région MENA, Hattab (2012) conclut que les femmes entrepreneurs dans cette région peuvent être décrites comme instruites, avec des diplômes de postsecondaire ou plus ; âgées entre 25 et 44 ans ; mariées et vivantes dans des zones urbaines.

Les femmes dans cette région sont traditionnellement placées en dehors de la vie économique, concentrées sur des statuts domestiques: épouses et mères. Almobaireek, et Manolova (2013) reportent néanmoins qu’en Arabie Saoudite à titre d’exemple, les femmes détiennent 40% de la richesse nationale privée, 70% des fonds liquides, 40% des actifs immobiliers, 20% des fonds et des portefeuilles d’investissement, et plus de 13 milliards de dollars dans des comptes bancaires locaux qui auraient pu être investis dans l’économie.

Les études en entrepreneuriat ont indiqué que la culture est une variable contextuelle majeure pour la compréhension du phénomène entrepreneurial entre les pays. De même, Chamlee-Wright (1997) souligne que le contexte culturel est important également pour expliquer les relations de genre et les comportements d’entrepreneuriat qui en résultent. À cet égard, les spécificités de la zone MENA et le facteur culturel semblent impacter fortement l’activité entrepreneuriale des femmes.

Dans le même ordre d’idée, Wennekers et al., (2001) déclarent que les pays arabes sont caractérisées, d’une part, par un niveau élevé de distance au pouvoir et d’évitement à l’incertitude, et d’autre part, par un niveau faible d’individualisme. Ces facteurs entravent les femmes à faire les choses à leur façon dans la mesure où les institutions leur sont moins adaptées.

À cet effet, les rares entreprises appartenant aux femmes dans la région MENA activent dans le domaine des services, et relèvent des deux secteurs formel et informel, employant moins de 10 travailleurs, et produisent des biens et services peu sophistiqués.

À ce niveau, un rapport de la Banque Mondiale relatif à la zone MENA explique toutefois que les lois sont neutres et aveugles face à la question du genre. Elles sont jugées défavorables aux femmes, et par extension à l’entrepreneuriat féminin (World Bank, 2007). Le rapport plaide ainsi pour une sorte de discrimination positive en faveur des femmes.

Par ailleurs, dans leur étude menée auprès d’un échantillon de femmes dans deux pays du Golfe, à savoir, Oman et Bahreïn, les chercheurs Dechant, et al., (2005) concluent que les facteurs incitant les dirigeantes d’entreprises varient fortement en fonction de la situation des femmes. Cependant, ces motivations pourraient être caractérisées principalement par la présence de facteurs pull (motivations économiques et indépendance). Ces facteurs apparaissent dominants sur l’ensemble de la région MENA.

  1. La place de l’entrepreneuriat féminin dans l’économie algérienne

En ce qui concerne l’Algérie, elle demeure aussi très en retard par rapport au reste du monde en matière de l’activité entrepreneuriale en générale et de l’activité d’entrepreneuriat féminin en particulier. Non seulement le taux de l’activité des femmes en Algérie est l’un des plus faibles du monde, mais encore leur taux de chômage est très élevé en particulier chez les diplômées. Avec un taux d’activité féminine de 14,7% et une proportion de femmes dans la population active qui ne dépasse pas 17%, l’Algérie se situe parmi les 4 pays ayant la plus faible participation économique des femmes au niveau mondial (avec l’Irak, la Syrie et la Palestine).

Le projet du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) est une évaluation annuelle des attitudes, aspirations et activités entrepreneuriales (TEA) dans plusieurs pays révèle que le taux de l’activité entrepreneuriale moyen en Algérie durant les années 2009/2012 a été de 14,5% pour les hommes contre seulement 8% pour les femmes. L’écart sexospécifique relevé indique que les hommes sont deux fois plus nombreux à s’impliquer dans le démarrage d’une nouvelle entreprise. Ce constat confirme les études du GEM qui sont menées à l’échelle internationale mais aussi dans les régions spécifiques comme la région MENA. Les données de l’étude GEM Algérie 2012 montrent que le rapport hommes-femmes était plus faible en 2009 et a tendance à augmenter dans les enquêtes GEM 2011 et 2012. Ces données montrent que la participation des femmes dans l’activité entrepreneuriale est entrain de diminuer en faveur des hommes. Les taux de TEA féminins suivent la même tendance générale observée chez les hommes. Elles sont plus concentrées dans les catégories d’âges 24-34 ans et 35-44 ans.

À la fin de l’année 2014, sur un total de 157 122 inscrites au CNRC, 8 163 entreprises sont gérées par des femmes , soit 5,2%. Quant aux personnes physiques, sur 1 484 625 activités, 122 253 appartiennent aux femmes, soit,7,6%. De façon globale, 92,4% des operateurs économiques personnes physiques sont du genre masculin contre 7,6% de femmes. S’agissant des femmes, sur un total de 122 253 personnes physiques, la classe d’âge la plus fréquente est celle de 39 à 48 ans avec un taux de 26,85%, suivie par la classe des 29 à 38 ans (22,15%). les femmes sont concentrées essentiellement dans la wilaya d’Alger avec un taux de 8,2% du nombre global, suivie de la wilaya d’Oran avec un taux de 6,2%,et Tlemcen avec 4,2%.

Le nombre de femmes en Algérie a connu une évolution remarquable du fait de l’existence de nombreux programmes de soutien à l’entrepreneuriat en Algérie. Parmi les plus importants sont les suivants: l’ANSEJ, la CNAC et l’ANGEM. Les structures publiques sont des agences chargées de l’exécution des politiques publiques d’aide et de soutient à la création d’entreprises . Ces agences sont sensées apporter un appui important en terme d’accompagnement des promoteurs et de formalisation de leurs activités.

  1. Les femmes entrepreneurs dans les dispositifs d’accompagnement en Algérie

Les femmes algériennes ont bénéficié de tous les dispositifs de l’emploi et des programmes nationaux, tels que les mécanismes de soutien à l’emploi des jeunes, le programme de la relance économique, le programme national du développement agricole ainsi que le programme du développement rural. Les programmes d’aide à la création des entreprises féminines ont été marqués notamment par les organismes: l’ANSEJ, la CNAC et l’ANGEM. Ces programmes permettent d’accompagner tous les projets des femmes porteuses d’idées à travers le soutien financier et la formation.

L’ANSEJ

L’Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes (ANSEJ) a été mise en place en 1996. Les modalités d’attribution de ses aides ont évolué au cours de ses 20 années d’existence. Elle s’adresse aujourd’hui aux jeunes âgés de 19 à 40 ans, chômeurs, et dont le projet n’excède pas le seuil de 10 millions de dinars. L’ANSEJ leur consent un prêt non rémunéré (sans intérêt) et une bonification sur les taux d’intérêt bancaire (de 100%) pour un crédit qui ne peut excéder 70% du coût total du projet. L’apport personnel est de 1 à 2% du coût total de l’investissement lorsqu’il est fait appel au crédit bancaire. Il est de 71 à 72% dans l’autre cas. Des prêts non rémunérés supplémentaires peuvent être consentis pour les cabinets groupés, les véhicules-ateliers ou la location du local (ANSEJ,2016).

Sur la période 2010-2015 (tableau 1 ci-après), 238 856 projets ont été financés, dont plus de 19.000 pour des femmes, soit 8%.

 

             Tableau 1:Statistiques entreprises de femmes (ANSEJ)

2010 2011 2012 2013 2014 2015 Total
Projets féminins 2 211 2 951 4 477 3 526 3 665 2 645 19 475
ProjetsTotal 22641 42832 65 812 43 039 40 856 23 676 238 856
Taux 10% 7% 7% 8% 9% 11% 8%

Source: ANSEJ 2016

Il est intéressant de voir dans quels secteurs d’activités se sont réalisés les projets portés par des femmes. Malheureusement la nomenclature d’activités utilisée ne correspond pas exactement aux nomenclatures internationales et identifie deux catégories (artisanat et services) qui ne permettent pas de classer précisément les projets dans un système qui permettrait des comparaisons avec les statistiques de l’emploi., le gros des projets féminins financés par l’ANSEJ est concentré sur les services hors transports et professions libérales (51,5%) et l’artisanat (21,7%), puis les professions libérales (8,4%). A eux trois, ces secteurs représentent 81,6% de l’ensemble des projets. Puis viennent l’industrie (6,3%), les transports (voyageurs, marchandises et frigorifiques: 5,3%) et l’agriculture (4,5%). Les trois principaux secteurs sont ceux qui se caractérisent par le plus faible montant d’investissement par projet (et par emploi créé).

La CNAC

Depuis 2004, la Caisse Nationale d’Assurance-Chômage vient compléter le dispositif de l’ANSEJ en permettant aux chômeurs âgés de 30 à 50 ans, ayant déjà travaillé, de créer leur propre entreprise ou de procéder à l’extension de leur propre entreprise. Tout comme l’ANSEJ, elle leur consent un prêt non rémunéré (sans intérêt) et une bonification sur les taux d’intérêt bancaire (de 100%) pour un crédit qui ne peut excéder 70% du coût total du projet. L’apport personnel minimum est de 5 à 10% du montant du projet, selon l’importance de l’investissement et la zone géographique. L’investissement peut aller jusqu’à 5 millions de dinars (1er niveau) et jusqu’à 10 millions de dinars (2ème niveau). Les promoteurs sont exonérés de l’impôt sur le revenu global, de l’impôt sur le bénéfice des sociétés, de la taxe sur l’activité professionnelle et de la taxe foncière sur les propriétés bâties pendant les trois premières années (CNAC, 2016).

Depuis 2008, ce programme a permis de financer plus de 123 000 projets dont plus de 11 000 créés par des femmes (soit 10%), ce qui est encore plus faible que l’ANSEJ (tableau 1 ci-dessous).

Tableau 2:Statistiques entreprises de femmes (CNAC)

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Total
205 326 494 1067 2510 2202 2345 2397 11 546
2429 4221 7465 18490 34801 21412 18823 15449 123 090
8% 8% 7% 6% 7% 10% 12% 16% 10%

Source: CNAC 2016

Ainsi, non seulement la proportion des femmes parmi les bénéficiaires des projets de l’ANSEJ et de la CNAC est très faible et bien en deçà de leur taux d’activité et de leur taux de chômage, mais de plus, cette proportion n’a cessé de diminuer, jusqu’à l’année 2011, mais à partir de 2012, les taux connaissent des tendances haussières.

L’ANGEM

L’Agence Nationale de Gestion du Micro-crédit est un mécanisme différent de l’ANSEJ et de la CNAC. Créée en 2005, elle est placée sous la tutelle du Ministère de la Solidarité Nationale et de la Famille et prend la suite du micro-crédit antérieurement pris en charge par l’Agence de Développement Social (ADS), également sous la tutelle du même Ministère. Il s’agit moins d’aider à la création d’entreprises que de favoriser l’auto-emploi et les petits métiers en appuyant notamment le développement d’activités rémunératrices à domicile. Le micro-crédit dont le montant ne doit pas dépasser 1.000.000 dinars va permettre au bénéficiaire d’acquérir un petit équipement (du type machine à coudre) et des matières premières (tissu) pour travailler dans le domicile même, en vue de revendre le produit, pour racheter des matières premières et pérenniser progressivement l’activité et la source de revenu (ANGEM,2016).

Rien d’étonnant dès lors que les femmes soient les principales bénéficiaires de ce dispositif. Elles représentent 62% des quelque 763.954 projets financés depuis l’origine (à noter qu’une personne peut avoir bénéficié plusieurs fois d’un micro-crédit au cours de la période considérée).

Tableau 3: Statistiques entreprises de femmes (ANGEM)

Exercice Nombre Projet Féminin Total projet financés Taux (Projet Femmes/Total)
2005 2397 3329 0,72
2006 14265 22221 0,642
2007 11128 17231 0,6458
2008 23894 42099 0,5676
2009 33192 60734 0,5465
2010 32713 51956 0,6296
2011 68317 107611 0,6349
2012 87598 146427 0,5982
2013 71304 110702 0,6441
2014 76163 117543 0,648
2015 55863 84101 0,6642
Total 476 834 763954 0,6242

Source: ANGEM 2016

  1. Les enjeux de l’entrepreneuriat féminin en Algérie

L’entrepreneuriat au féminin en Algérie semble accroître dans les années qui viennent pour un certain nombre de raisons. Le système éducatif s’est grandement amélioré au cours des 20 à 30 dernières années. En Algérie, l’enseignement est obligatoire et gratuit tant pour les garçons que pour les filles jusqu’au niveau universitaire. L’inégalité entre les sexes a été éliminée à certains niveaux d’instruction et il y a maintenant plus de femmes que d’hommes qui fréquentent l’université. Les filles algériennes se retrouvent en majorité dans certaines filières (littéraire, pharmacie, droit) et bien peu dans les formations scientifiques. Les efforts des filles pour acquérir une formation sont conçus aujourd’hui comme des actions destinés à procurer une activité professionnelle et des revenus.

les résultats d’une étude récente de Jiménez et al., (2015) montrent que l’enseignement supérieur rehausse le niveau de l’entrepreneuriat formel. Ce qui laisse entendre que la nouvelle génération des femmes entrepreneurs est plus instruite et plus compétente, par conséquent les chances de réussites sont plus élevées.

L’Algérie a mis en place des reformes et des programmes d’aide à la création d’entreprises d’une manière égale entre les hommes et les femmes. A titre d’exemple, en Algérie, les jeunes femmes et hommes bénéficient, sans aucune discrimination de sexe, de ressources financières considérables dans le cadre des dispositifs (Ansej, CNAC et ANGEM).

L’Algérie ne peut aspirer à être développée sans s’approprier d’une économie solide et une croissance économique durable. La baisse des prix des hydrocarbures nous interpelle sur nos choix économique. A ce titre, une attention doit se diriger vers l’encouragement de la création des activités féminines qui pourrait contribuer efficacement à la création d’emploi et de produits.

Dans une étude récente, la fécondité en Algérie après avoir atteint 2,2 dans la première moitié des années 2000, elle ne cesse d’augmenter depuis, atteignant presque 2,9 en 2010 (Bedidi et al., 2012). Au Maghreb, très souvent sont les grands-mères qui aident les mères travailleuses dans cette double tache. En fait, d’après une enquête réalisée au Maroc, la majorité des femmes entrepreneurs interrogées ont plus d’un enfant et déclarent avoir créé leur entreprise lorsque leurs enfants étaient encore jeunes (Salmane, 2011).Selon leur témoignage, le jeune âge de leur enfant n’a pas eu une influence négative sur leur projet entrepreneurial. D’autre part, différentes études suggèrent que les femmes ont tendance à se livrer à l’entrepreneuriat afin de réserver plus de temps à leurs enfants (Williams, 2004).

Conclusion:

Nous assistons ces dernières décennies au développement de l’entrepreneuriat féminin dont son développement est accentué par les changements dans les caractéristiques propres des femmes: la baisse des taux de fécondité, l’accès meilleur des femmes à l’éducation, le développement économique des femmes et la baisse des inégalités de sexe.

L’Algérie ne peut aspirer à être développée sans s’approprier d’une économie solide et une croissance économique durable. Ce développement est possible à travers l’effort et l’engagement de toute la composante démographique (hommes et femmes) de la nation À ce titre, le développement de l’entrepreneuriat féminin a un rôle significatif. Son appui représente une stratégie efficace pour exploiter une ressource sous-utilisée, créer des emplois, activer le développement économique, et encourager la cohésion sociale.

En fait, le niveau de l’entrepreneuriat féminin a évolué de façon très visible dans le monde, mais il a du mal à émerger en Algérie. Non seulement le taux d’activité des femmes en Algérie est l’un des plus faibles du monde, mais encore leur taux de chômage est très élevé en particulier chez les diplômées. Le pays peut compter sur le potentiel important d’une population féminine jeune, de mieux en mieux formée, et qui peut contribuer à la diversification économique vers des secteurs compétitifs au niveau international, axés sur les connaissances, à forte intensité de main d’œuvre, et conduisant à une croissance rapide et à une élévation des niveaux de vie.

Aussi, leur taux de création d’entreprises s’améliorer par la suppression des obstacles sexo-spécifiques à l’entreprenariat et en rendant plus facile l’accès des femmes aux formations de gestion et techniques, aux services de soutien et à l’accès au financement.

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Updated: 25/05/2017 — 22:03

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