Entreimpératif de développement et Appréhensionde surpopulation en Algérie: analyse rétrospective et prospective


Entreimpératif de développement et Appréhensionde surpopulation en Algérie:

analyse rétrospective et prospective

Belaidi Mohamed Amine,Doctorant en démographie  Dr.Derdiche Ahmed Université Blida II, Algérie

مقال نشر في   مجلة جيل العلوم الإنسانية والاجتماعية العدد 38 الصفحة 107.

 

 

Résumé :

l’Algérie compte  près de 30 millions d’habitants de plus par rapport à 1962, ce qui est le triple d’une population comme le suède,en terme du nombre d’habitantsl’Algérie se met devant des pays, caractérisés par leur forte poussée démographique depuis 1962, comme le Népal, Maroc, Corée du nord, Sri-lanka ou Pérou, mais toujours derrière les pays de l’Afrique sub-saharienne (Tanzanie), parallèlement les indicateurs de développement humain ont connu des améliorations notables, notamment pour la mortalité infantile et l’espérance de vie.

Devant cette réalité encourageante les projections démographiques semblent être moins prometteuses, l’un des scénarios onusiens dévoile que la population devrait atteindre 66 millions d’habitants en 2050, et 119 millions à l’horizon de 2100, la possibilité de voir l’Algérie se transformer en « Mexique de la méditerrané » demeure probable théoriquement.

Mots clés : surpopulation, projections démographiques, croissance de la population, comparaison.

Introduction :

La démographie souvent appelée la biologie des nations, permet de mesurer la force de croissance des sociétés humaines et des civilisations, La démographie aune grandepart dans l’évolution des sociétés, que ce soit au plan politique ou économique,selon Jean-Claude CHESNAIS« Elle est une des composantes de l’arithmétique politique », Ainsi les démographes ont fait valoir que l’arrivée de la Grande-Bretagne à sa positionhors pair de forceuniverselle au XIXe siècle était profondémentassociée à une forte croissance démographique, sa population a été multipliée par plus de trois en un siècle (1800-1900), passant à un peu plus de 37 millions, tout en engendrantdescourantsd’émigration vers le nouveau monde (Australie, nouvelles Zélande, Etats-Unis..)

A l’opposé, explosion démographique et explosion des violences peuvent se rejoindre, les agitations sous l’appellation de “printemps arabe” qu’ont ébranlés certainspays voisin de l’Algérie (Libye, Tunisie et Egypte) et d’autre appartenant à la péninsule arabe (Yémen)étaient une formede réaction qui provenait d’une croissance démographiquedémesurée.

Ce sont les réponsesspécifiques à un ensemble de frustrations collectives, autrement dit c’est l’écart entre les aspirations et une situation de fait[1], la forte poussée démographique a fait que pour ces états, il est utopique de fournir des emplois à toutes les générations arrivés graduellement à l’âge adulte, la demande de l’emploi se cumulait d’année en année, les individus nés en 1970 jusqu’à ceux de 1995 avaient en 2011 entre 16 et 41 ans, des âges idéaux pour envisager un avenir meilleur.

Face à cette jeunesse en surabondance, les dirigeants ne montreraient pas non plus de résultats positifs, les problèmes sociaux persistaient, et l’augmentation singulière de la population est toujours dissimulée derrière les diverses lectures politique et économique.

En revanche si l’on soupçonne la croissance démographique d’êtrederrièrela violence dans ces pays, le sous peuplement général, présenté sous une forme de population peu nombreuse et inégalement réparties n’est pas favorable non plus au développement des activités humaines, la structuration et l’efficience de l’économie notamment le développement de la production et du commerce à l’échelle intra-national s’appuie sur une population dense et équilibrée dans sa répartition géographique, certains auteurs citent l’exemple de l’Afrique subsaharienne[2] qui comptait en 1500 environ 2 habitant aukm²et non loin de 4 en 1900,  puis 7 habitants au km² à l’aube de l’indépendance du continent en 1950.

Le sous-peuplement qui saurait à l’origine de la pauvreté en Afrique sub-saharienne, la surpopulation qui pourrait constituer un élément déclencheur de violence en Afrique du nord ou alors la croissance démographique qui accompagnait la révolution industrielle en europe, les trois exemples énumérés permettent d’apercevoir  la question de la démographie au centre du développement économique et humain sous différentes formes, il est question désormais de se pencher sur la situation démographique de l’Algérie, Ou on est-t-on pour la question de la croissance démographique en Algérie ? Vers quel horizon converge-t-elle ? Quels sont ces défis futurs ? le plan de cet article s’articule comme suit :

  • Lever le voile sur les débats théoriques relatifs à la question de surpopulation et dépopulation des nations.
  • Dresser un état des lieux: retracer et analyser l’historiquede l’évolution de la populationen confrontation avec d’autres pays etrégions du monde puis chercher à analyser les niveaux et tendances de la croissance démographique, par l’intermédiaire d’une confrontation de données recensées à un modèle de croissance démographique stable (3%).
  • Placement de l’Algériedans la sphère mondiale : constater les changements en termes de nombre d’habitants entre deux périodes (1962-2015) à travers une approche comparative.
  • Les perspectives à l’horizon de 2100 :comprendre les projections de l’ONU pour l’Algérie à un horizon lointain et dénoter les éventuelles menaces/opportunités, tenant compte des récentes donnéesdiffuséesen 2015.
  • Revue de littérature :

L’appréhension du surpeuplement ou de récession démographique n’est pas une question nouvelle. Souvent, elle apparait dans les discours des démographes, écologistes et même des philosophes de l’antiquité, Pourtant le nombre d’habitants ne dépassait pas la barre des 200 millions[3], l’antiquité a été marquée par l’émergence d’une réflexion axée sur l’analyse du nombre des individus[4], notamment grâce à Aristote qui arguait «Il est manifeste que si le nombre de gens croit et que la Terre reste partagée comme elle l’est, il y aura nécessairement des gens qui deviendront pauvres »

Suivie parla réflexion sur l’Apocalypse de Jean de Patmos qui décrivait la fin du monde à travers les épidémies et la famine qui se répandront sur toute la planète, l’enjeu populationnel qui encadre ces textes est dominant, notamment une appréhension particulière des effets de la surpopulation.Cesdeux intuitions capitales alimentaient les pensées postérieures et en particulier celle de Malthus et des frères paddock qui reprennent en1967, « Famine 1975! America’sDecision: whowill survive? »une contribution à grandsuccès dans le monde,annonçait qu’une famine généralese révélera en 1975 et pour cause, on parlait dela surpopulation et laconservation de pratiques d’agriculture peu productives.

Bien avant,le livre de Malthus « An Essay on the Principle of Population » paru en 1798, synthétisel’ensemble des appréhensionsantérieures et présentessur la croissance démographique, en se concentrant sur les menaces de surpopulation et en dressant un portrait sombre sur l’avenir de l’humanité.

Les propositions de Malthus étaient nombreuses, notamment pour le retardement de l’âge du mariage et la contraception, aussi il contestait les lois anglaises portant sur l’assistance sociales des pauvres.Pour Malthus, la stratégie de l’état présentaitun stimulus pour l’augmentation des naissances issues des familles pauvres, ce qui accroitrait la pauvreté dans le pays.Par ailleurs, Jean Bodin avait mis en avant le lien entre richesse d’une nation et nombre et qualité des individus, Montesquieu et Voltaire aussi rapprochaient la puissance à la population, de par le développement du commerce et du nombre des individus dans les manœuvres militaires.

Malthus, frèrepaddock, Jean de Patmos, école mercantiliste et autre voyaient dans la surpopulation le problème majeur de l’humanité, pour d’autres chercheurs contemporains, la menace d’une récession démographique liée à la baisse de la fécondité et au vieillissement pourrait avoir des répercussions sur les générations futures,selon l’expression de Dumont (2009) « un hiver démographique»[5] est en voie de se reproduire dans la totalité des pays du monde, une situation du déclin de la féconditéaprès avoir passé en dessous du seuil de remplacement dans le continent européen.

  • Constats de l’évolution démographique Algérienne : Croissance démographique stricto sensu

La population Algérienne était depuis longtemps de nombre inconnu, les recensements organisés pendant la période coloniale furent nombreux (1911, 1948 et 1954)[6] mais ils consistaient essentiellement en des dénombrements de la population, toutefois, le rythme accéléré de la croissance de la population n’avait pas échappé aux regards des analyses, amorcé avant même la guerre de l’indépendance, cette ascension se poursuivait des décennies plus tard. Ce qui mettait fin à la surmortalité[7]

Pris dans leur ensemble, l’Afrique du Nord (Egypte, Tunisie, Maroc, Libye, Soudan, Sahara occidentale) et l’Algérie ont depuis 1950des histoires de transition démographique voisines, avec notamment des niveaux d’arrivée identiques et des courbes de tendances quasi-superposés l’une sur l’autre.

D’autre part la croissance des pays à revenu intermédiaire est restée toujours inférieure au niveau de l’Algérie, à l’exception de la période 2000-2005 ou l’on assiste à un rattrapageprovisoire qui va vite périr lors des deux périodes qui suivent.

Figure n°01 : Evolution du taux de croissance démographique 1950-2015

Taux de croissance de la population (%)
Années

Source : banque mondiale

Et si l’on fait l’inventaire de65 années de croissance démographique en Algérie, beaucoup de faits et d’évènements marquant la progression continuelle du nombre d’habitantsen ce pays, en terme de nombre et non pas de taux, la population n’a cessé d’augmenter, passant de 11.6 millions en 1962[8] à 41.2 millions en 2017, cela fait une moyenne annuelle de croissance d’ordre 2,32%,l’Algérie compte aujourd’hui près de 30 millions d’habitants de plus par rapport à 1962, ce qui est le triple d’une population comme le suède.

C’est en 1983 que l’on enregistre la valeur la plus élevée (3,09%), à ce moment-là de l’histoire, l’Algérie adoptait le programme National de maitrise de la croissance démographique (PNMCD)[9] pour rompre avec l’ancienne politiquepopulationniste longtemps adoptée, centrée sur la réflexionde Mao Zedong « Une bouche supplémentaire, c’est aussi deux bras de plus ».

L’Algérie qui se distinguait avant 1983 par l’ampleur des niveaux de croissance démographique, avait subi une baisse drastiqueau cours des20 années suivantes, ce qui lui permettait de s’aligner avec le nord-africain en fin de parcours, l’année 1986 marque aussi la chute des prix des hydrocarbures, ces effets négatifs sur la population Algérienne se font ressentir bien avant son épuisement et ce secteur qui est souventà l’origine des crises économiques internes contribue significativement dans le déclin de la fécondité.

D’autre part, les études antérieures ont souvent souligné la relation équipotente entre population et politique, c’est ainsi que le rôle fondamental des facteursdémographiques, économiques etsociaux dans les troubles politiques, bouleversements et des conflits  civils  des pays est bien reconnue à l’échelle mondial,comme bien d’autres indiquent les effets de la violence politique sur les variables démographiques, en ce sens la décennie noir (1991-2000) durement ébranlée l’Algérie[10],appuyaitle rythme accéléré de la baisse de la croissance démographique, pour au final le taux de croissance le plus bas (1.29%) jamais enregistré depuis 1960 marquait l’année 2003.

A l’absence d’une économie diversifiée et compétitive, les mouvements des prix du pétrole continuait d’orienter les niveaux de la croissance démographique, notamment pour la décennie 2003-2013, d’une manière similaire à la reproduction bactérienne, pour qui la manne énergétique est synonyme de multiplication et d’épanouissement.

  • Scénario de la stabilité de la croissance démographique à 3% : 60 millions d’habitants en 2015au lieu de 41.

Bien entendu, confronter l’évolution de la taille de la population réellement observée lors des Recensements généraux de la population et de l’habitat  (1966, 1977, 1987, 1998, 2008 et estimation de 2017) à la taille de la population hypothéquée selon un taux annuel stable d’accroissement de l’ordre de 3% permet l’examen de cette progression, en fait les écarts les plus avérés concernent les dix dernières années grâce au fléchissement de la fécondité, ce qui donne lieu à des écarts croissants depuis 1987, passant de 9% (1987) à 17% (1998) puis 33% (2008) jusqu’à atteindre 47% en 2017 par rapport à la population réelle.

Figure n°02 :Evolution de l’écart entre tailles de la population réelle et hypothéquée

Source : données des recensements de la population(ONS) et données simulées.

Par voie de conséquence, le fléchissement de la fécondité a concouru à une diminution de l’effectif de la population par près de 20 millions, selon la Division de la population des Nations unies, entre 1970-1975 et 2005-2010l’Algérie s’est classé parmi les 12 pays du monde ou la baisse de la fécondité a été la plus rapide[11].

3-La démographie Algérienne au centre des comparaisons internationales et des projections onusiennes :

Le nombre de multiplications de la population est une assise appropriée pour confronter les différents pays à l’échelle internationale, cela permet derévéler certaines différences notables sur le plan des niveaux de croissance démographique.La vitesse à laquelle le nombre de population augmentevarie cependant d’un pays à l’autre, ce qui invite aux comparaisons fréquentes.

Il va de soi que la qualité des données statistiques dans certains pays, étaientd’une fiabilité relative, en particulier pour les indicateurs des états post-soviétiques antérieurs à 1990 (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan…) oucertains état en construction ou en reconstruction (Somalie…). Dans ces cas-là, les organismes internationaux établissent des rapprochements avec d’autres sources et parviennent à des résultats satisfaisants.

En jetant un regard sur l’histoire du  classement mondial des volumes de population, on va apprendre que le rang de l’Algérie n’a pas beaucoup évolué, étant au 37e rangen 1962, l’Algérie vient de dépasser six pays, au cours de la période 1962-2015, à savoir Maroc, Canada, Corée du nord, Roumanie, les pays bas et la Pologne, ces trois pays européens ont achevé leur transition démographique.

Par ailleurs, quatre pays, à savoir le Soudan (+32 millions), le Kenya (+37 millions), la Tanzanie (+42 million) et l’Ethiopie (+76 millions) ont eu une poussée démographique plus forte que celle de l’Algérie, à titre d’indication, tous ces pays sont de l’Afrique sub-saharienne, une région du monde qui se singularisentpar sa transition démographique encore à peine perceptible, pour reprendre l’expression Marie Eugénie ZavalaCosio «c’est en Afrique sub-saharienne que la distance entre vie traditionnelle et modernité est la plus grande »

Pour apporter plus de précision àcette positionet par soucis de cohérence, il convient de sélectionner des pays aux nombres de populationsvoisins pour l’année 1962 (année de base), moyennant des données aisément comparables et scientifiquement crédibles allant de 9.6 à 13.6 millions d’habitants, c’est-à-dire plus ou moins deux millions d’habitants des 11.6 millions de l’Algérie à cette même date.Cette démarche s’inscrit aussi dans une réflexion qui tient à écartercertaines nations à population très modesteet les régimes démographiques murs caractérisant les pays de peuplement déjà avancé.

Tableau n°01 : Classement des pays suivant le nombre de multiplication de la population.

Pays position Population totale Augmentation (millions) Nombre de Multiplications
1962 2015
Tanzanie 1e 10.6 53.4 +42.7 5
Algérie 2e 11.6 39.6 +27.9 3,3
Pérou 3e 10.6 31.3 + 20.7 2,9
Népal 4e 10.3 28.5 +18.1 2,7
Maroc 5e 13.1 34.3 +21.2 2,6
Corée du nord 6e 11.8   25.1 +13.2 2.1
Sri Lanka 7e 10.3   20.7 +10.3 2

Source: Auteur, statistique de l’ONU.

L’écart type des populationsa augmenté sur la période observée, cet écart a été multiplié par 10, passant de 1 à 10, ceci montre qu’en moyenne la disparité ou la dispersion des volumes de population était moins forte il y a 63 ans qu’aujourd’hui, et l’accroissement brutal ne s’est pas réalisé de façon homogène, les populations de l’étude affichent au total 232 millions d’habitants en 2015, ce qui fait une multiplication par trois, Pour positionner cette croissance, les statistiques des nations unies offrent la possibilité de filtrer et classer les pays par régions ou par indicateur, ce procédé révèle que le monde arabe a eu une poussée plus importante (+294 millions d’habitants), pour illustrer l’envergure de la croissance des sept pays de l’étude, de façon schématiquec’est l’équivalent (ou un peu plus ) de la transformation de l’Allemagne (80 millions d’hab.) en Brésil (207 millions).

Quelles que soient les différences, l’Algériea accompli des progrès notables et l’écart avec les sept pays est conséquent notamment pour les indicateurs de la santé publique,la croissance démographique a été accompagnée par un développement humainadéquat (PNUD, 2008), le taux de mortalité infantile et l’espérance de vie montrent clairement les améliorations considérablesopérées, avec surtout un gain de plus de 27 années pour l’espérance de vie.

Tableau n°02 :état des progrès par pays(1962-2015)

Taux de mortalité infantile
(pour mille)Esperance de vie (années)1960-19652010-2015Ecart1960-19652010-2015EcartAlgérie14330-11347.2974.42+27,13Tanzanie13637-9944.3164.04+19,73Pérou13619-11749.1274.16+25,04Népal21132-17936.2069.01+32,81Maroc13326-10749.5273.63+24,11Corée du nord8022-5851.6369.90+18,27Sri Lanka628-5460.2774.63+14,36

Source: Auteur, statistique de l’ONU.

Devant cette réalité encourageante, les statistiques émises par l’Organisation des Nations indiquentsous l’ombre du scénario d’une fécondité stable que la population devrait atteindre 66 millions d’habitants en 2050, et 119 millions à l’horizon de 2100,

En d’autres termes, si le niveau de fécondité actuel (2.93 naissances/femme)[12] continue de progresser sur le même élan jusqu’à 2100, la population Algérienne serait comparable au Mexique de 2015, ce pays compte 127 millions d’habitants[13] selon les mêmes sources onusiennes, cette situation pourrait compliquer davantage l’application des programmes de développement humain.

Figure n°3 : population des pays en 1962                               Figure n°4 : population des pays en 2015

Source :données des Nations-Unies 1962-2015, logiciel Tableau public

Bien que ces projections s’éloignent du scénario le plus réaliste, où on évoque le recul du taux de fécondité en raison du phénomène de la transition démographique que vit l’Algérie depuis les années quatre-vingt du dernier siècle, la possibilité de voir l’Algérie se transformer en « Mexique de la méditerrané » demeure probable théoriquement.

Figure n° 05: Evolution de la population et de l’ISF (2015-2100)

Source: Auteur, Perspectives des Populations Mondiales (ONU: la Révision de 2015)

Beaucoup d’idées reçues lient la crise qui peut être engendrée par l’éventuelle explosion démographique à la nature géographique du pays, le désert s’étale sur 84% de la superficie totale, et de ce fait une population dépassant les 119 millions ne peut vivre dans une région du nord évaluée à 381 000 km2, ce qui constitue 16% seulement de l’espace Algérien.

Il suffit simplement de faire preuve d’imagination et de bon sens pour montrer la grandeur de cette surface et étant donné que la spéculation participe pleinement à la démarche scientifique[14]pour dire que sous certaines hypothèses une surface pareille est en mesure même d’abriter la population mondiale estimée en 2017 à 7.4 milliards d’habitants, et à travers un simple calcul, chaque individu de la planète aurait 50m2

Ne serait-ce qu’une simulation qui frôle la réalité, les besoins des populations devancent de loin ce regard stéréotypé du rapport démographie-territoire, et la croissance démographique envisagée, qualifié de galopante risque d’avoir de graves conséquences sur le bien-être des Algériens.

Tableau n°03 : projection démographique selon la nature du scénario

Scénario Projection 2050 Projection 2100
Variante haute 62.5 89.7
Variante basse 50.6 39.8
Variante moyenne 56.4 61.1
Constance de la fécondité 66.1 119.9
Remplacement instantané 54.7 61.9
Absence de changement 63.5 104.2

Source: Onu, Perspectives des Populations Mondiales: la Révision 2015.

Notons enfin que les projections Onusienne qui font l’objet de l’analyse sont rapportées sous forme d’un scénario axial, qui est le plus probable, complété par des scénarios subsidiaires au nombre de sept, devant cerner les écarts possibles, étant donné que le scénario de stabilité de la fécondité figure parmi ces sept scénarios, sa probabilité même infime constitue une piste à examiner,

En vertu des trois scénarios de variantes, le taux de fécondité supposé pour l’Algérie en 2050, varierait de 1.41 à 2.43 enfants par femme contre 2.93 en 2015.

Tenant compte  de ces trois hypothèses sur la fécondité, la population Algérienne varierait de 39.8 à 119.9 millions, le temps accroît également l’incertitude : les projections sur de plus longues périodes sont moins sûres que les projections à court terme en raison des effets cumulatifs des inexactitudes dans les hypothèses au fil du temps.

Conclusion :

Qu’il soit de l’Amérique latine (le Pérou) ou de l’Asie (Népal, Corée du Nord, Sri Lanka) les expériences internationales comparables au cas de l’Algérie sont nombreuses, et les questions de l’espérance de vie à la naissance ou de la mortalité infantile tranchent sur les répercussions de ses multiplications sur la qualité de vie des populations.

L’Algérie a gagné près de 27 ans d’espérance de vie sur la même période, alors que les avancées portant sur la lutte contre la mortalité infantile étaient un peu moins favorable, mettant l’Algérie sur le troisième pallié après le Népal et le Pérou des pays affichant de bien meilleurs résultats.

La population Algérienne a plus que triplé pendant la période 1962 -2015, en tête des pays du Maghreb, l’Algérie ne prenait le pas sur le Maroc qu’en 1985, et aujourd’hui elle le devance par plus de 5 millions d’habitants, l’évolution de la population dessine aujourd’hui un pays totalement différent de l’époque de la colonisation en 1830-1962. En 2050, tout sera bouleversé et la tendance se confirmera pour 2100.

Formellement, ces réponses démographiques n’expliquent pas tout et renoncent même à quelques questions décisives à l’instar de l’urbanisation. se souvenir que la dimension démographique est en effet une contrainte fondamentale, qui devrait être mieux prises en compte par les autorités Algériennes, de par les plans d’action et pour les objectifs fixés par les politiciens du pays, et que les erreurs du passé ne se répèteront plus.

Le calendrier politique (parlement ou gouvernement) est bien souvent limité par le facteur temps, un mandat parlementaire ne dure que 5 années, et la nomination des ministres encore bien moins, or les évolutions démographiques se mesurent à l’échelle de générations.

Toute la difficulté pour les politiciens qu’ils soient en Algérie ou ailleurs dans le monde de prendre des décisions qui ne porteront d’effets que des années plus tard. Il parait qu’ils ont évolué,la prise de  conscience de l’intérêt des mesures entreprisesà des horizons lointains, intégrant les projections démographiques apparait clairement lors de la réforme des âges de retraites, ce faisant pour que le système socio-économique jouera un rôle clés dans les années à venir, il est primordial de se concilier avec statistiques démographiques.

References bibliographies:

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  • Herbst, J. 2000. States and Power in Africa : Comparative Lessons in Authority and Control. Princeton, Princeton University Press.
  • Jean-Noël Biraben, bulletin de l’INED, Population &SociétésCroissance, démographique : la population mondiale depuis les origines, octobre 2003.
  • Minois, G. (2011). Le poids du nombre: l’obsession du surpeuplement dans l’histoire. Perrin, p48.
  • Dumont, G. F. (2016). LA DÉMOGRAPHIE EN EUROPE: EN QUOI L’ÉTUDE DE L’IMPACT DES DONNÉES DÉMOGRAPHIQUES EST-ELLE PERTINENTE?. Fondation Res Publica, (102), p09.
  • Maison, D. (1973). La population de l’Algérie. Population (french edition), 1079-1107.
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  • United Nations,World Population Prospects 2017, Desa population division.

 

 

[1] -Réflexion faite par tedd Robert Gurr qui fait de la violence politique l’une des expressions de la frustration/agression

[2] -Herbst, J. 2000. States and Power in Africa : Comparative Lessons in Authority and Control. Princeton, Princeton UniversityPress, 248 p.

[3]- Jean-Noël Biraben, bulletin de l’INED, Population &Sociétés, Croissance  démographique : la population mondiale depuis les origines, octobre 2003.

[4]- Minois, G. (2011). Le poids du nombre: l’obsession du surpeuplement dans l’histoire. Perrin, p48.

[5]- Dumont, G. F. (2016). la démographie en europe: en quoi l’étude de l’impact des données démographiques est-elle pertinente?. Fondation ResPublica, (102), p09.

[6] -Maison, D. (1973). La population de l’Algérie. Population (french edition), 1083.

[7] -causée par les graves crises agricoles, des massacres, du typhus ou des épidémies du choléra.

[8] -Date qui marque l’indépendance de l’Algérie.

[9] -Ouadah-Bedidi, Z., & Vallin, J. (2012). Fécondité et politique de limitation des naissances en Algérie: une histoire paradoxale, p02

[10] -Kouaouci, A. (2004). Population transitions, youth unemployment, postponement of marriage and violence in Algeria. The Journal of NorthAfricanStudies, 9(2), 32

[11] - SECRETARIAT, U. N. World population prospects: the 2006 revision. PLACE: The Population Division of the Department of Economic and Social Affairs of the UN Secretariat [http://earthtrends. Wri.Org/text/population-Health/variable-379. Html], 2007, p 10.

[12] – United Nations,World Population Prospects 2017, Desa population division.

[13] -Idem

[14] - sous forme d’expériences de pensée.


Updated: 2018-02-03 — 19:51

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